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VIDEOS. "Ni pardon, ni excuses" : avant des élections cruciales pour Benyamin Nétanyahou, un documentaire donne la parole aux Israéliens qui le tiennent en partie responsable du 7-Octobre
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Avant les législatives organisées mardi, un documentaire ausculte les fractures au sein de la société israélienne, accentuées par les attaques meurtrières du Hamas le 7 octobre 2023, et les révélations sur l'attitude de Benyamin Nétanyahou vis-à-vis du groupe terroriste avant cette date.
"Il faudra que ceux qui portent la responsabilité de cet échec se retirent. Il faudra que de nouvelles personnes prennent le relais pour reconstruire la confiance qui a été brisée." Avraham Mansher vivait dans le kibboutz Be'eri, une des communautés proches de la bande de Gaza qui ont été attaquées par le Hamas le 7 octobre 2023. Ce jour-là, 132 civils et militaires israéliens y ont été tués. Traumatisé, ce rescapé compte sur les élections législatives, qui doivent se tenir mardi 27 octobre, pour sanctionner le gouvernement israélien, qui n'a pas été capable, selon lui, de protéger sa population. Lors des attentats du 7-Octobre, au moins 1 200 personnes ont été tuées en Israël par les terroristes islamistes palestiniens, et plus de 250 prises en otages dans la bande de Gaza.
Trois ans plus tard, si le Premier ministre Benyamin Nétanyahou peut compter sur le soutien indéfectible d'une grande partie de la population, de nombreux Israéliens remettent en question, depuis la tragédie, ses choix politiques et stratégiques. Ils rejoignent une frange de ses opposants, qui depuis 2019 et la mise en examen du chef du gouvernement pour corruption, fraude et abus de confiance, s'inquiète de son mode de gouvernance et de ses attaques contre les institutions, qui ébranlent les fondements démocratiques de l'Etat hébreu.
Un documentaire, intitulé "Israël, une démocratie en péril", réalisé par Lucas Menget et diffusé dimanche 25 octobre à 21h05 sur France 5, revient sur la crise que traverse le pays et qui s'est amplifiée depuis le 7-Octobre. Il donne la parole à des anciens responsables militaires, experts, journalistes, proches de victimes ou citoyens de sensibilités politiques et religieuses diverses. Et ausculte également les failles qui ont permis les attaques meurtrières du Hamas.
Ainsi, Rafi Ben Shitrit a longtemps été un fidèle soutien de Benyamin Nétanyahou. Membre de son parti, le Likoud, il a administré plusieurs années, sous ses couleurs, la ville de Beit She'an en tant que maire. Le 7 octobre 2023, son fils Elroï, sergent-chef dans l'armée, est tué lors de l'attaque du Hamas. Touché dans sa chair, il voit ses convictions politiques et ses certitudes voler en éclats. "Pendant longtemps, j'ai vu Israël comme un Etat fort, solide, explique-t-il. Il y a la grande armée israélienne, il y a le gouvernement... Et même si je n'étais pas d'accord avec tout, je pensais qu'au fond ils savaient quoi faire, et grâce à ça, je pouvais dormir tranquille la nuit."
Quand le Hamas attaque Israël, sa confiance s'effondre, et le deuil de son fils l'amène à porter un autre regard sur la politique de Benjamin Netanyahou. Il rejoint le parti d'un de ses anciens ministres, Avigdor Lieberman, et fonde le Conseil d'octobre, un collectif de famille de victimes qui milite pour que soit créée une commission d'enquête nationale indépendante chargée de faire toute la lumière sur les failles sécuritaires qui ont permis le 7-Octobre, ce que refuse le dirigeant israélien.
"J'ai réalisé qu'il existait des dysfonctionnements très graves, que l'on ne pouvait plus ignorer, explique Rafi Ben Shitrit. Et ceux qui sont responsables de cette immense défaillance ne semblent pas vouloir corriger leurs erreurs. Au contraire, j'ai le sentiment qu'ils veulent continuer avec la même doctrine." Parmi les choix gouvernementaux qu'il remet en question, la stratégie mise en place par Benyamin Nétanyahou vis-à-vis du Hamas avant ce funeste jour de 2023.
Le Premier ministre israélien a choisi de renforcer son rival, le Hamas, au pouvoir à Gaza, en laissant entrer dans l'enclave palestinienne, dès 2018, d'énormes sommes