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LineageOS : « La vie d’un appareil ne s'arrête pas forcément quand son constructeur stoppe les mises à jour »
Basée sur Android 17, la version 24.0 de LineageOS est arrivée en environ quatre mois, contre six auparavant. À l’approche des dix ans du projet, nous avons interrogé l'un des contributeurs historiques sur la dépendance à Google, le verrouillage des bootloaders et le sort des appareils les plus anciens.
Longtemps vu comme le successeur de CyanogenMod réservé aux passionnés, LineageOS s’affirme aujourd’hui comme une façon concrète de prolonger la vie d’un smartphone délaissé par son constructeur. Mais les choses sont devenues moins faciles qu'avant Google ne publie plus les device trees et les binaires des Pixel dans AOSP, déploie la vérification des développeurs, et plusieurs marques verrouillent leurs bootloaders. Nolen Johnson, développeur et mainteneur de plusieurs appareils au sein du projet, a répondu à quelques-unes de nos questions. Il explique comment LineageOS s’adapte, ce qu’il garantit en matière de vie privée et comment le soutenir.
Pour les lecteurs qui ne connaissent LineageOS que de nom, comment décririez-vous le projet aujourd’hui, à l’approche de ses 10 ans ? Que représente-t-il pour ceux qui veulent simplement garder leur téléphone en vie et fonctionnel ?
Je dirais que LineageOS est un système d’exploitation Android open source, porté par une communauté, qui donne aux gens plus de contrôle sur leurs appareils et qui prolonge leur durée de vie.
À l’approche de nos 10 ans, je pense que LineageOS est devenu bien plus qu’une ROM alternative pour passionnés ou qu’un simple successeur de CyanogenMod. C’est un effort au long cours pour montrer que la vie d’un appareil ne doit pas forcément s’arrêter quand son constructeur décide de ne plus fournir de mises à jour. On le retrouve aussi dans des projets IoT et embarqués vraiment sympas. Il paraît même que beaucoup d’écrans connectés des transports publics polonais tournent sous LineageOS !
LineageOS 24.0 est sorti plus tôt que d’habitude. Qu’est-ce qui a permis au rebase vers Android 17 d’aller plus vite que prévu, et qu’est-ce que les utilisateurs vont remarquer en premier ?
On s’améliore, tout simplement. Avant, on voyait arriver les nouvelles versions d’Android en septembre et on publiait en mars ou en avril, soit environ six mois plus tard. En simplifiant nos processus et grâce à nos ajouts, on a vu arriver Android 17 en juin et on a publié en octobre, soit environ quatre mois.
Ça n’a rien à voir avec la vitesse du rebase, mais ce que les utilisateurs verront d’abord, c’est notre nouvel assistant de configuration, entièrement redessiné. Il reprend le design MD3E (Material 3 Expressive) avec plein de jolies animations. On a aussi remis à jour une bonne partie de notre suite d’applications et ajouté une nouvelle application de retouche d’images.
Rebase : opération qui consiste à reprendre les modifications propres à LineageOS pour les réappliquer sur une nouvelle version d’Android (AOSP). C’est l’étape qui permet de passer, par exemple, d’Android 16 à Android 17.
Le projet dépend de l’AOSP, que Google contrôle. Google ne publie plus les device trees et les binaires de pilotes des Pixel dans AOSP, et pourtant votre rebase vers Android 17 s’est bien passé. Comment voyez-vous cette dépendance aujourd’hui, et menace-t-elle votre indépendance à plus long terme ?