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On a testé le Mac Studio M5 Ultra à 14 000 € : une puissance monstrueuse, mais pour qui ?
Annoncé fin août, en parallèle du petit Mac mini M6, le nouveau Mac Studio M5 Ultra est arrivé sur le marché avec les moyens d’en découdre. En exploitant 256 Go de mémoire unifiée, la mouture qui nous intéresse aujourd’hui veut s’en prendre aux DGX Spark pour la gestion locale des plus grands modèles de langage actuellement disponibles.
Nous testions en mars 2025 un Mac Studio M4 Max couplé à 128 Go de mémoire unifiée. Une très belle bête qui passerait presque pour un inoffensif petit chérubin en comparaison du monstre qu’Apple France nous a fait parvenir en prêt cette année.
Avec sa puce M5 Ultra à 36 cœurs CPU et 80 cœurs GPU, le Mac Studio que nous avons cette fois boxe dans une toute autre catégorie, d’autant qu’il est équipé de 256 Go de mémoire unifiée pour engloutir sans broncher des LLM de 100 milliards de paramètres et plus. Ça tombe bien, c’est précisément ce que nous avons décidé de faire avec cette machine de tous les superlatifs.
Avant d’entrer dans le vif du sujet, voici le détail de la configuration que nous avons reçue en prêt :
Dans cette configuration M5 Ultra CPU 36 cœurs / 256 Go de mémoire unifiée / 4 To de SSD, l’une des plus costaudes proposées au catalogue d’Apple à l’heure actuelle, le Mac Studio est affiché à 14 079 euros en France. L’appareil débute néanmoins à partir de 2 999 euros en version M5 Max CPU 18 cœurs / 36 Go de mémoire unifiée / 512 Go de SSD. Notez enfin qu’une version 512 Go de mémoire unifiée sera proposée en option avec le Mac Studio M5 Ultra, à compter de la fin octobre 2026, à un prix avoisinant cette fois les 25000 euros minimum.
9,5 cm de hauteur, 19,7 cm de côtés et 3,6 kg sur la balance : le Mac Studio M5 Ultra reprend à l’identique le design qu’on lui connaît depuis son introduction en mars 2022, et conserve le même poids que son prédécesseur direct, le Mac Studio M3 Ultra, lancé pour sa part l’année dernière. Apple sait qu’elle tient là un bon châssis, qui a fait ses preuves, et ne bouleverse donc rien à l’équilibre déjà trouvé — si vous vouliez de la nouveauté sur le plan esthétique, il faudra attendre encore quelques années.
Il faut dire qu’à l’usage, le gabarit du Mac Studio est suffisamment compact pour tenir sous certains écrans (il passe pile en dessous de notre Studio Display) ou pour se faire oublier sur un coin de bureau. Son châssis en aluminium mastoc n’est pas forcément très élégant, mais il a au moins le mérite de se faire discret et d’offrir plus de place que celui d’un Mac mini pour intégrer un assez gros système de dissipation (inchangé par rapport à celui qui accompagnait le Mac Studio M3 Ultra), mais aussi une connectique complète… Avec un joli bonus depuis peu.
On retrouve en effet quatre ports USB-C Thunderbolt 5 (jusqu’à 120 Gbit/s, avec prise en charge de l’affichage DisplayPort 2.1), un port 10 Gigabit Ethernet, deux ports USB-A (jusqu’à 5 Gbit/s), une sortie HDMI 2.1 et une prise Jack 3,5 mm à l’arrière ; assortis de deux ports Thunderbolt 5 (jusqu’à 120 Gbit/s) supplémentaires à l’avant, eux-mêmes accompagnés d’un lecteur de carte SDXC (UHS‑II). Jusqu’ici, rien de neuf, à un détail près : le clustering en Thunderbolt 5 avec RDMA (Remote Direct Memory Access).
Cette nouveauté n’est pas tout à fait spécifique au Mac Studio M5 Ultra. Elle a été introduite avec macOS Tahoe 26.2 fin 2025, et avait donc commencé à bénéficier au Mac Studio M3 Ultra, équipé lui aussi de ports Thunderbolt 5. Elle arrive toutefois sur le Mac Studio M5 Ultra dès le déballage, avec suffisamment d’optimisations au passage pour qu’Apple en fasse désormais un argument de vente.
Le RDMA permet à une machine de lire ou d’écrire directement dans la mémoire d’une autre, sans passer par le processeur ni la pile réseau du système distant. La latence s’en trouve donc fortement réduite… Avec toutes les applications que cela ouvre en termes de gestion locale de très grands modèles de langage.