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Procès de la mort de Cédric Chouviat : près de sept ans après, le caractère volontaire ou non des violences des policiers reste au cœur des débats
Lundi et mardi, trois policiers sont jugés devant le tribunal correctionnel de Paris pour "homicide involontaire". Mais les avocats de la famille du livreur, mort en janvier 2020 après sa violente interpellation, vont demander le renvoi devant une juridiction criminelle.
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Il a dit neuf fois "j'étouffe" en 13 secondes. Le 3 janvier 2020, vers 10 heures du matin, Cédric Chouviat, livreur à scooter, est contrôlé par quatre policiers à l'intersection du quai Branly et de l'avenue du Suffren, dans le 7e arrondissement de Paris. Ils reprochent au père de famille de 42 ans l'utilisation de son téléphone en conduisant, ainsi que l'illisibilité de sa plaque d'immatriculation. En quelques minutes, il est interpellé puis perd connaissance. Deux jours plus tard, Cédric Chouviat meurt à l'hôpital.
Mort de Cédric Chouviat en 2020 : un "mélange de soulagement et d'impatience" pour la famille "que ce procès puisse se tenir", déclare un des avocats
Lundi 26 et mardi 27 octobre, Michaël P., Arnaud B. et Ludovic F., âgés aujourd'hui de 40, 35 et 30 ans, doivent être jugés devant le tribunal correctionnel de Paris (une quatrième policière a été placée sous le statut de témoin assisté). Sous contrôle judiciaire depuis juillet 2020, ils comparaissent pour "homicide involontaire", et encourent jusqu'à dix ans de prison. Insuffisant pour la famille de la victime, qui juge que les violences étaient volontaires et constitutives d'un crime.
Que dit l'enquête sur les circonstances de la mort de Cédric Chouviat ? Comment un simple contrôle a-t-il pu conduire à la mort du quadragénaire ? Selon l'ordonnance de renvoi, consultée par franceinfo, le ton est monté très rapidement entre les policiers et le livreur. Les vidéos filmées par Cédric Chouviat lui-même, par des témoins et par des caméras de la Ville ont été précieuses pour comprendre cette escalade verbale.
Le livreur traite par exemple les fonctionnaires de police de "guignols" et de "clowns". En face, les propos des policiers vont plus loin encore. Alors que Cédric Chouviat invite Michaël P., l'un des agents, à être plus poli, ce dernier lui répond : "Et alors ? Vous croyez que je vais me mettre à quatre pattes ? Je vais vous sucer la bite, aussi ?" Après que les policiers regagnent leur véhicule, Cédric Chouviat lance à Michaël P. qu'il est un "pauvre type".
Ces échanges tendus aboutissent à l'interpellation du livreur. Son casque de moto sur la tête, il subit alors une clé d'étranglement par Michaël P., ont notamment rapporté des témoins. Le quadragénaire est plaqué puis maintenu au sol, sur le ventre, par trois des policiers, Michaël P., Arnaud B et Ludovic F. C'est à cet instant que Cédric Chouviat répète qu'il s'étouffe. Environ cinq minutes après sa dernière supplication, un massage cardiaque lui est prodigué par Michaël P. Les secours arrivent, il est transporté à l'hôpital Georges-Pompidou avec un pronostic vital engagé. Deux jours plus tard, il succombe, et l'enquête bascule en recherches de causes de la mort.
D'après l'expertise médico-légale, Cédric Chouviat est mort des suites d'une asphyxie avec fracture du larynx. "Le phénomène asphyxique est en relation causale directe avec l'action des fonctionnaires de police tendant à obtenir l'interpellation et le menottage de Cédric Chouviat", observe l'ordonnance de renvoi. Lors de l'information judiciaire, les quatre fonctionnaires de police ont affirmé qu'ils n'avaient pas entendu les mots "j'étouffe". Egalement interrogé sur le positionnement de son bras autour du cou de Cédric Chouviat une fois au sol, suggérant une deuxième clé d'étranglement, Michaël P. a expliqué qu'il n'avait pas souhaité exercer de pression, et que le but avait été de l'immobiliser pour pouvoir le menotter.
Depuis le début de la procédure, l'intentionnalité des violences commises par les forces de l'ordre constitue un enjeu pour les parties civiles. "Faire une clé d’étranglement et mainten