// FUTURA SCIENCES — SPAZIO & SCIENZA
À la COP17, on cherche des milliards pour sauver la nature… tout en dépensant 30 fois plus pour la détruire !
Inondations, sécheresses, glissements de terrain, tempêtes, submersion des littoraux... Ces catastrophes naturelles se produisent partout dans le monde et semblent inévitables. Pourtant, il faut savoir que les intempéries mènent à des catastrophes, la plupart du temps, à cause des décisions prises par les humains : c'est souvent la transformation du territoire qui rend un événement météo destructeur. Pour atténuer les dégâts provoqués par les colères du ciel, de plus en plus d'organisations environnementales plaident en faveur de l'utilisation des « Solutions fondées sur la Nature ».... Lire la suite
Et si, pour protéger la nature, il suffisait déjà de cesser de financer sa destruction ? Réorienter l'argent public et privé est le premier pas à effectuer vers un monde plus vivant, et plus vivable pour chacun d'entre nous.
[EN VIDÉO] La biodiversité peut aider à atténuer les catastrophes climatiques ! Inondations, sécheresses, glissements de terrain, tempêtes, submersion des littoraux... Ces catastrophes naturelles semblent inévitables. Pourtant, ce sont souvent les choix humains qui amplifient leur impact. Un décryptage de Karine Durand, notre spécialiste météo et climat !
Personne n'en parle, alors que c'est pourtant un sujet central pour notre environnement et, par conséquent, pour notre survie : la COP17 pour la biodiversité se tient actuellement à Erevan en Arménie, et cela jusqu'au 30 octobre. « La biodiversité est le socle de nos sociétés. Elle nous nourrit, nous protège, contribue à notre santé et soutient nos économies. Pourtant, partout dans le monde, elle continue de s'éroder », rappelle Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature.
Si le sujet du climat fait de plus en plus consensus, tant les conséquences sont déjà perceptibles, celui de la biodiversité n'est même pas relayé au second plan, il est carrément oublié... Un chiffre devrait pourtant inciter le monde à opérer un changement radical : la taille moyenne des populations de vertébrés sauvages suivies a diminué de 73 % en 52 ans, selon WWF France. « L'oiseau, c'est officiellement l'indicateur de l'état de la biodiversité », nous disait Allain Bougrain-Dubourg, président de la LPO, la Ligue pour la protection des oiseaux, dans une interview pour Futura. Or, en France, c'est l'hécatombe : un tiers des oiseaux communs spécialistes des milieux agricoles, forestiers et bâtis a disparu en France, selon le Muséum national d'histoire naturelle.
Les populations d'oiseaux ne se portent pas bien en France, or cette catégorie d'animaux est le premier indicateur de l'état de la biodiversité. © Philippe Paternolli, iStock
L'enjeu central de la COP17 est l'adoption du premier bilan mondial de la mise en œuvre du Cadre mondial de la biodiversité Kunming-Montréal (CMB-KM). Ce bilan permet de mesurer les progrès accomplis et d'identifier les écarts qui subsistent dans l'atteinte des objectifs et cibles fixés : la COP17 n'est pas encore terminée, mais les premiers constats sont tombés : les pays sont en retard sur quasiment toutes les mesures sur lesquelles ils se sont engagés : que ce soit la restauration des écosystèmes naturels, ou l'arrêt des subventions néfastes à l'environnement.
Car, en plus des mesures de protection de la nature qui, il faut bien l'avouer, ne font pas toujours l'unanimité en fonction des intérêts de chacun, il y a une autre manière d'agir : on peut financer la protection de la biodiversité en arrêtant de subventionner sa destruction. Et c'est une bonne nouvelle : protéger la biodiversité pourrait coûter moins cher en réorientant l'argent déjà dépensé !
Il ne s'agit pas seulement de trouver de nouveaux financements pour la nature, car une partie de l'argent public et privé finance aujourd'hui des activités qui contribuent à sa dégradation. Il faudrait donc réorienter ces financements, et cela est appuyé par des chiffres très concrets :
« Pour chaque dollar a