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Chaque séjour Airbnb va désormais financer un logement d’urgence pour des sinistrés, avec une promesse
Airbnb va désormais reverser dix centimes par séjour réservé à Airbnb.org, son association d’hébergement d’urgence. L’objectif est de réunir 500 millions de dollars sur cinq ans pour offrir un million de nuits gratuites par an aux sinistrés partout dans le monde.
Airbnb a annoncé ,ce mercredi 28 octobre, un tout nouveau modèle de financement pour Airbnb.org, l’organisation à but non lucratif qui loge gratuitement les personnes touchées par des catastrophes. Une partie des revenus tirés de chaque séjour doit permettre à l’association de multiplier ses hébergements d’urgence, sans surcoût pour les voyageurs ni baisse de revenus pour les hôtes. Le dispositif a déjà servi en France après les récentes inondations d’Istres, mais son financement soulève une question de calcul.
Alors comment ça marche ? Vous allez voir que le mécanisme est plutôt simple. À chaque séjour réservé, Airbnb prend 0,10 dollar sur ses propres revenus, soit un peu moins de 10 centimes d’euro, et le reverse à Airbnb.org. Le voyageur ne paie rien de plus et l’hôte ne touche rien de moins. Personne n’a non plus besoin de s’inscrire ou de cocher une case, puisque le don se fait automatiquement, en coulisses, peut-on dire. Seuls les séjours qui ont bien lieu comptent, donc une réservation annulée avant l’arrivée ne rapporte rien à l’association. Les Expériences et les Services vendus par Airbnb n’entrent pas non plus dans le calcul. Ce sont les activités (visites guidées, ateliers…) et les prestations (chef à domicile, massage…) que la plateforme vend désormais en plus des logements.
Sur le papier, les comptes sont plutôt justes. Airbnb promet 500 millions de dollars en cinq ans, soit 100 millions par an, et vise un million de nuits gratuites chaque année. Sur son site, Airbnb.org indique qu’un don de 110 dollars permet d’offrir une nuit d’hébergement, donc en multipliant ce coût par un million de nuits, on retombe à peu près sur l’enveloppe annoncée. Le changement d’échelle, lui, est spectaculaire. Tout est parti d’un geste spontané en 2012, quand une hôte avait ouvert sa porte aux victimes de l’ouragan Sandy, et l’initiative est devenue une association indépendante en 2020. Depuis, elle a offert plus de 1,6 million de nuits à plus de 250 000 personnes, dont 126 000 nuits en 2025 rien que pour les catastrophes, soit huit fois moins que l’objectif désormais visé chaque année. « C’est là tout l’esprit d’Airbnb », assure Brian Chesky, le cofondateur et président de la plateforme.
Sauf que pour réunir 100 millions de dollars par an à raison de dix cents par séjour, il faudrait un milliard de réservations chaque année. Or, d’après son rapport annuel, Airbnb a enregistré 533 millions de nuitées en 2025, un total qui inclut aussi les places réservées pour des activités. Attention aussi, car une nuitée n’est pas un séjour, on rappelle qu'un voyageur qui loue un appartement pour un week-end prolongé compte pour trois ou quatre nuitées, certes, mais pour une seule réservation. Avec une durée moyenne de 3,7 nuits par séjour, on tourne donc autour de 140 millions de réservations, soit environ 14 millions de dollars par an, sept fois moins que la somme promise. Le communiqué d'Airbnb n’explique pas cet écart. Il évoque seulement des « dons supplémentaires », sans en préciser l’origine ni le montant, et ses mentions légales reconnaissent que la somme versée dépendra du nombre de réservations.
Il faut savoir qu'Airbnb.org ne choisit pas seule les bénéficiaires. En effet, des associations, des mairies ou des services de l’État lui signalent les personnes qui ont besoin d’un toit. L’association leur remet alors des crédits, une sorte de bon d’achat, pour réserver elles-mêmes un logement sur Airbnb comme n’importe quel voyageur. Elles peuvent ainsi rester près de leurs proches, emmener leurs animaux ou trouver un lieu adapté à un handicap. Les hôtes sont payés normalement, et certains choisissent même de baisser leur tarif ou de reverser une partie de leurs gains. Airbnb, de