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"Est-ce que ça a pu causer sa mort ?" : Les gaz lacrymogènes sont-ils dangereux ?
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Julien Gasparutto, Margaux Manière, Caroline Thébaud
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Pascal Doucet-Bon
Quels sont les risques pour la santé d’une exposition prolongée aux gaz lacrymogènes ? Peuvent-ils parfois tuer ? C’est ce que se demande la famille du manifestant mort à Paris le 17 octobre, à la suite d’un arrêt cardio-respiratoire.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
La scène ne dure que quelques secondes, mais elle suscite des questions. Des policiers lancent un projectile, le 24 octobre à Rouen (Seine-Maritime), en direction d'une mère et de ses enfants. Il explose à leurs pieds. C’est un jet de grenade lacrymogène, justifié selon un syndicat de police, par la présence d'individus masqués. "Est-ce qu'il a manqué un peu de discernement avant de lancer cette grenade, votre collègue ?", demande le journaliste de France Télévisions à Karim Bennacer, secrétaire régional Alliance Police Nationale. "Absolument pas. Ce que je peux vous dire, c'est que l'usage de la force est strictement nécessaire et proportionné", assure-t-il.
Mais parfois, les grenades lacrymogènes sont soupçonnées d'être à l'origine de blessures graves. Pendant les blocus des lycées, un adolescent a eu la mâchoire fracturée par un tir tendu de grenades lacrymogènes en région parisienne. Ces armes sont-elles trop dangereuses, mal utilisées ?
Leur usage peut être justifié d'après la loi pour disperser la foule, notamment après trois sommations. À la main, elles doivent être lancées à ras du sol. Avec un lanceur, elles doivent être envoyées en cloche. Mais même quand ces techniques sont respectées, les blessures et dégâts sont possibles.
Samedi 24 octobre, un habitant de Rennes (Ille-et-Vilaine) a vu atterrir une grenade dans son salon au cinquième étage. "Le [tapis] est encore imbibé de produits lacrymogènes, donc c'est compliqué à manipuler", déplore le Rennais. Des conséquences liées aux déflagrations, mais aussi parfois aux gaz émis.
En plus des irritations aux yeux, à la gorge, de nombreuses femmes disent subir des troubles menstruels, des règles douloureuses sur les réseaux sociaux. C'est le cas d’une étudiante depuis sa première manifestation le 13 octobre. "Je l'ai sentie dès le soir même. À peine sortie de la nasse, je sentais déjà qu'il y avait des petites contractions. Je suis censée avoir mes règles depuis et je n'ai toujours rien. Pourtant, les douleurs sont bien là. On aimerait bien avoir un peu plus d'informations là-dessus. Qu'est-ce qu'on est en train d'inhaler ?", s’interroge Sacha Malard, étudiante en design à Paris