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"Si je n'étais pas parti chercher un café, je serais parmi les morts" : en Espagne, l'incrédulité des rescapés de la collision meurtrière entre deux trains
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Julien Gasparutto, Margaux Manière, Caroline Thébaud
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Pascal Doucet-Bon
C'est la pire catastrophe ferroviaire depuis 2013 en Espagne. Deux trains sont entrés en collision, mercredi, au sud de Madrid, faisant au moins 68 morts et une centaine de blessés.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Arrivé peu après sur les lieux de l'accident, un homme qui filme n'en revient pas. "C'est un accident très grave du côté du train de la Renfe", lance-t-il. Des images aériennes témoignent de l'ampleur des dégâts. Peu avant 9 heures, mercredi 28 octobre, un train à grande vitesse de la compagnie nationale Renfe est rentré dans un autre train arrêté sur la voie. Juste après la collision, des passagers filment la carcasse, encore fumante, d'un wagon en contrebas. "Les gens criaient et pleuraient. Il y avait plein de gens couverts de sang. J'ai dit à ma femme : 'Il faut sortir maintenant parce que c'est grave'. Je l'ai attrapée par la main. On a couru parce qu'on avait peur que le train ne se renverse", raconte Dirk, passager d’un train accidenté.
En sortant du train, les passagers découvrent un amas de ferraille et se mettent à la recherche des rescapés. "Des gens étaient ensevelis sous les décombres, des personnes qui sont probablement décédées. On nous a dit que ces personnes n'étaient déjà plus en vie. J'ai essayé d'aider. Quand j'ai demandé comment je pouvais aider, on m'a dit : 'reste auprès d'eux, fais en sorte qu'ils ne s'endorment pas, sinon ils vont mourir'", relate Eduara, passagère d’un train accidenté. Partout, des blessés sont soignés et perfusés à même le sol. Le travail des sauveteurs est difficile. De nombreux passagers sont piégés dans ce qu'il reste des wagons.
Témoin de la violence du choc, un rail semble s'être soulevé et avoir traversé une voiture. L'arrière du train rouge, qui était à l'arrêt, paraît le plus endommagé. Les secouristes de l'armée cherchent à le stabiliser pour pouvoir accéder aux victimes. C'est justement dans cette partie du train que devait se trouver Rafael Barcelo. "J'avais un billet pour la voiture 7. La voiture 7, c'est la pire. Mais exactement à ce moment-là, j'étais parti chercher un café. Sinon, je serais parmi les morts", affirme le passager d’un train accidenté.
Le bilan est très lourd : au moins 68 morts. Le roi d'Espagne a qualifié l'accident "de tragédie." "En premier lieu, il convient de déplorer ce terrible accident qui semble avoir fait un nombre élevé de victimes et de nombreux blessés", déclare Felipe VI, roi d’Espagne. On compte une centaine de blessés, 58 ont dû être hospitalisés, notamment dans un hôpital de Tolède. Notre équipe sur place a pu rencontrer des Espagnols. Ils sont sans nouvelles de leurs amis, David, 25 ans. "Nous avons passé toute la journée à attendre sans savoir s'il va bien et où ils se trouvent. On a des amis dans d'autres hôpitaux. On est venus ici. On est arrivés vers 14 heures et depuis, nous attendons toujours que quelqu'un nous donne des nouvelles", indique un proche. L'Espagne connaît sa pire catastrophe ferroviaire depuis 2013.
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