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Attentat raciste dans les Yvelines : "Il faut une concorde nationale", souhaite Arnaud Robinet, maire Horizons de Reims
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Mélanie Vogel, sénatrice et présidente du groupe Écologiste à l’Assemblée nationale et Arnaud Robinet, maire Horizons de Reims (Marne) étaient les invités du Duel ce mercredi 28 octobre sur franceinfo. Ils sont notamment revenus sur l’annonce d’un hommage national après l’attentat raciste des Yvelines.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du duel ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
France Télévisions : Le gouvernement a annoncé un hommage national aux victimes de l’attentat raciste dans les Yvelines qui a fait cinq blessés et un mort, Pengo Bossio Wangi, un jeune homme de 26 ans. Est-ce que vous appelez à la concorde nationale ?
Mélanie Vogel, sénatrice et présidente du groupe Écologiste à l’Assemblée nationale : Bien sûr, à un hommage national digne de ce nom, c’est-à-dire que nous devons collectivement, la société française et les responsables politiques en premier lieu, évidemment nous tenir aux côtés des victimes. Je crois que c’est le moment de tirer les leçons d’une dérive qui a commencé en France il y a à peu près une vingtaine d’années. Je le situe personnellement au moment de la présidence de Nicolas Sarkozy, où un certain nombre de digues ont commencé à s’effriter entre des thèses, des idées, des mots professés par l’extrême droite et le reste de la classe politique. Il faut avoir conscience collectivement, bien qu’on n’ait pas toutes et tous la même responsabilité politique là-dedans, que certains mots, qui sont utilisés encore cette semaine par des responsables politiques, sont à l’origine du passage à l’acte de certains individus et que lorsque l’on banalise le racisme, à un moment donné, au bout de la chaîne, il n’y a pas seulement des mots, mais des actes racistes.
Je vous pose la question de la concorde parce qu’elle a été soulevée cette semaine à l’Assemblée nationale par Sébastien Lecornu qui a dénoncé un climat "nauséabond" alors que des députés de gauche, écologistes, socialistes se sont levés au moment où Sébastien Chenu du RN prenait la parole. Et lundi 26 octobre place Stalingrad, alors qu’il y avait un rassemblement pour lutter contre le racisme, Emmanuel Grégoire, le maire de Paris, Raphaël Glucksmann, ont été sifflés lors de ce rassemblement. Est-ce que l’union nationale est encore possible ? Par le passé, on a connu ce temps de "décence" de la classe politique, ce qui n’empêchait pas, ce que disait le Premier ministre, le débat démocratique pour autant.
Mélanie Vogel : L’union nationale doit se faire contre le racisme et donc contre l’extrême droite. Ce qu’a fait Sébastien Lecornu à l’Assemblée nationale, c’est-à-dire mettre sur un plan d’égalité le fait que la gauche quitte l’hémicycle parce que l’extrême droite qui porte une responsabilité lourde politiquement dans le fait qu’il y ait des crimes racistes en France et le fait que l’extrême droite soit violente, le fait de les mettre à égalité, de considérer que c’est un manque de concorde que de refuser la libération d’une parole raciste, c’est une perte totale de repères. L’union nationale doit se faire autour des valeurs de la République et donc aussi contre celles et ceux qui les bafouent.
Est-ce que la classe politique est à la hauteur ? Est-ce qu’il n’y a pas en cette année présidentielle une politisation à outrance des débats ?
Arnaud Robinet, maire Horizons de Reims (Marne) : Est-ce que la classe politique est à la hauteur ? Non, elle n’y est pas et les images que nous avons vues à l’Assemblée nationale hier le prouvent. Avec entre le Rassemblement national, le parti d’extrême droite, une partie de la gauche bien évidemment, on l’a vu cette hystérisation, elle reflète ce que nous connaissons dans notre société aujourd’hui : une société fracturée avec deux extrêmes qui s’affrontent, je dirais, quotidiennement, mais au-delà de s’affronter quotidiennement, ça, c’est le jeu politique, mais qui attise les haines e