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REPORTAGE. "Les responsables doivent être punis" : au lendemain de la catastrophe ferroviaire, les Espagnols réclament des comptes
Dans une Espagne endeuillée pour la deuxième fois en moins d'un an, la colère gronde. L'heure est à la recherche des responsables.
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Au lendemain de la catastrophe, l'émotion est toujours très vive à Urda, à 150 km au sud de Madrid, là où le drame a eu lieu. La tristesse pour les familles et les blessés, que beaucoup ici ont accueillis et épaulé, se mélange à la colère. Les habitants et rescapés veulent des réponses.
Diego, 22 ans, est venu de Tolède pour aider les rescapés. Mais alors qu'il discute avec les proches et tente d'aiguiller les blessés, il ne peut s'empêcher de penser à l'après. "Il faut qu'ils rendent des comptes. Et s'ils ne le font pas, il faut l'exiger. Parce que si on n'exige pas des explications, ils n'en donneront pas. Donc il faut maintenir la pression" insiste-t-il.
Tanguy, lui, était dans le train Iryo qui a été percuté par l'arrière. Il veut lui aussi des réponses. "Je veux qu'il y ait un responsable parce que ce n'est pas du tout normal. Et c'est encore moins normal que cela se passe deux fois d'affilée ! Il faut que quelque chose change", affirme-t-il.
Cela fait à peine neuf mois que l'accident d’Adamuz, faisant 46 morts sur la même ligne à grande vitesse, a eu lieu. "Cet accident aurait pu être évité. Après l'accident d'Adamuz, ils auraient dû faire les inspections nécessaires. Il y a des vies humaines dans les wagons, pas du bétail. Les responsables doivent être punis" s’indigne Maria, une habitante d’Urda.
Mais qui sont-ils, ces responsables ? Maria reste alors évasive. Cependant, la période électorale en Espagne laisse peu de place au doute. Le gouvernement de Pedro Sánchez est pointé du doigt par beaucoup. Le maire d'Urda, Manuel Galán, veut, lui, respecter les trois jours de deuil national. Mais le temps des explications viendra. "Cette indignation, pour l'instant, est atténuée par la douleur, mais elle va augmenter lorsque le deuil sera passé. D’autant plus, si on ne trouve pas des solutions, des explications et les raisons de cette catastrophe pour éviter que cela ne se reproduise", prévient-il. C’est un enjeu alors que la confiance dans les infrastructures autant que dans le pouvoir politique s'érode à chaque nouvelle catastrophe.
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