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"Ses derniers mots ont été 'Dieu est bon'" : l'émotion des premiers témoins venus porter secours aux victimes de l'accident de trains en Espagne
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Julien Gasparutto, Margaux Manière, Caroline Thébaud
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Pascal Doucet-Bon
Les habitants d'Urda, la petite ville près de Tolède en Espagne où a eu lieu le dramatique accident de train mercredi, ont été les premiers à intervenir pour secourir les blessés. Ils sont encore choqués par ce qu'ils ont vu. Les rescapés racontent ces minutes cruciales pour sauver les autres passagers.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Une interminable attente. Les unes après les autres, les familles d'une quarantaine de passagers disparus dans l'accident de TGV en Espagne mercredi, arrivent dans un centre d'information improvisé à Tolède. Aucune trace de leurs proches depuis hier matin. L'identification des victimes prend du temps, au grand désespoir de Cesar Vicente, jeune acteur espagnol : "On ne sait rien, c'est le chaos. Je ne sais pas où est mon père, je le cherche, je ne souhaite cela à personne, c'est insupportable", confie le jeune homme, bouleversé. Son père voyageait à l'avant du train qui s'est encastré dans l'autre, dans le wagon numéro 8.
Comme Pepe, le frère de Manuel San Emeterio. Sa montre connectée a envoyé un message d'alerte à ses proches, mais depuis, pas de nouvelles. "L'incertitude, c'est le pire pour tout le monde. Mais il y a quelque chose qui peut faire contrepoids : c'est l'espoir", commente Manuel.
Dans le désastre, l'espoir et la solidarité. Tangui Binier, rescapé franco-mexicain de 22 ans, se trouvait, lui, à l'avant du train immobilisé sur la voie. Sain et sauf, il s'est improvisé secouriste et a aidé à extraire les survivants et à les veiller. "On m'avait dit de parler avec eux, qu'ils ne s'endorment pas. C'était vraiment important qu'ils ne s'endorment pas. Ils avaient froid, ils perdaient beaucoup de sang, j'imagine. Et c'était vraiment un peu difficile d'être devant quelqu'un et de leur dire que tout va bien se passer, de ne pas s'inquiéter, mais tu vois leurs pieds et ils n'ont pas de pieds, ils n'ont pas de jambes", raconte-t-il.
Des images de peur et de mort qui hantent les habitants d'Urda, lieu de la collision. Antonio Garcia, le pharmacien du village, est intervenu parmi les premiers avec ses boîtes de médicaments attrapées dans l'urgence. "Bétadine, compresses, sérum physiologique… J'ai été très touché par un homme qui était en train de mourir. Il disait adieu à ses proches. Il disait : 'Maite, je t'aime, prends soin de mes enfants' Et ses derniers mots de croyant ont été : 'Dieu est bon.' Ça me bouleverse", confie l'homme.
Une émotion partagée par toute l'Espagne. Sur les lieux de la tragédie, une minute de silence a été observée. Comme à Séville, où les trains ne sont jamais arrivés.