// FRANCEINFO FAITS DIVERS — CRONACA
Trois jours avant son attentat, l'assaillant de Trappes avait été arrêté puis relâché
Pour sauvegarder cet article, connectez-vous ou créez un compte franceinfo
Mis en examen pour assassinat en relation avec une entreprise terroriste après l’attentat de Trappes, Kevin Tessier avait été interpellé trois jours auparavant pour une agression raciste, avant d’être relâché. Une décision qui interroge les parties civiles, alors que l’enquête met en lumière les convictions racistes du suspect et sa proximité idéologique avec le Rassemblement national.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du duel ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Il assume ses convictions racistes et n'exprime aucun regret. Désormais, Kévin Tessier est mis en examen pour assassinat en relation avec une entreprise terroriste. Face aux enquêteurs, il a détaillé son parcours meurtrier et ses motivations. "Il a admis avoir spécifiquement ciblé des personnes, je cite, de type musulman ou africain, nord-africain, et choisi le lieu de son action, car je cite à nouveau, Trappes est un repère d'islamistes", a ainsi déclaré Olivier Christen, procureur national antiterroriste.
Kévin Tessier avait été interpellé trois jours plus tôt pour une agression contre un homme noir dans une station-service. Il avait été relâché avant son audition, prévue le jour de l'attentat. Une preuve de plus de sa dangerosité sous-estimée, selon un avocat de victime. "Je pense que ça interroge. Ça interroge aussi sur les biais policiers et sur les biais judiciaires et sur ce qui finalement a permis factuellement à cet homme d'être libre le jour où il a commis ce crime", affirme Me Romain Ruiz, avocat d'un homme blessé.
Le parquet de Nanterre compétent sur ce dossier ne nous a pas répondu. Kévin Tessier a aussi exprimé son racisme dans des messages de 2023 révélés par Mediapart que nous avons pu confirmer : "L'extrême droite, c'est juste garder ses traditions et lutter contre l'invasion des étrangers", "Je ne supporte plus d'être envahi", "10 millions de musulmans en France, presque tous islamistes, ça ne fait pas peur". Et il se positionne politiquement pour le Rassemblement national : "Marine est ton amie. Le RN n'est pas ton ennemi."
Sans en être adhérent, il avait fabriqué ses propres autocollants à l'effigie du parti. La perquisition a mené, notamment, à la découverte d'autocollants rangés dans un tiroir. Soit 30 portant la mention 'Vive la France, RN, fier d'être français', 99 portant la mention '100 % français, vive la France', et 98 avec l'inscription 'Soutien aux forces de l'ordre'. Il indiquait avoir lui-même dessiné les autocollants découverts à son domicile, puis en avoir commandé la fabrication via Amazon", précise Olivier Christen
Son avocat n'a pas souhaité nous répondre dans l'immédiat. Le parquet requiert le placement en détention provisoire de Kévin Tessier. Une audience est en cours pour en décider.
Vous pouvez désormais privilégier l'affichage des articles de franceinfo dans les résultats de recherche Google. Comment ça marche ?
Kevin Tessier, l'assaillant de l'attentat raciste dans les Yvelines, a été placé en détention provisoire