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L'inquiétant essor des armes de contrefaçon
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Depuis plusieurs années, les gendarmes français saisissent de plus en plus d'armes de contrefaçon. Fabriquées à l'étranger ou grâce à des imprimantes 3D, elles se confondent avec les vraies.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Dans le sous-sol sécurisé de la gendarmerie se trouve la plus grande collection d'armes en France, saisies lors d'affaires criminelles. Aux côtés des fusils-mitrailleurs, des centaines de pistolets et, parmi eux, de plus en plus de contrefaçons. "Là, ça, c'est un vrai Glock, et ça, c'est un faux. Si vous n'avez pas l'œil averti et si vous n'êtes pas connaisseur, vous ne pouvez pas forcément savoir que c'est un vrai", illustre Antoine Museau, expert balistique à l'Institut de Recherche criminelle de la Gendarmerie nationale.
Des copies fidèles aux originaux et tout aussi efficaces. "Nous, on l'a essayé sur plusieurs centaines de munitions, plusieurs dizaines de chargeurs, et il n'y a ni incident de tir ni risque d'éclatement de l'arme. On est vraiment sur des armes de très, très bonne qualité. C'est ça qui est assez inquiétant sur ces modèles-là", indique-t-il.
Ces armes sont aussi moins coûteuses, selon une note confidentielle de la police judiciaire que nous avons pu consulter : "Un Glock authentique peut atteindre entre 3 et 4 000 euros. Les versions contrefaites sont proposées entre 2 200 et 3 000 euros. Des prix attractifs pour les trafiquants."
Cet été, à Gare de Lyon, à Paris, sur le quai d'un TGV en partance pour Perpignan (Pyrénées-Orientales), les douaniers ont arrêté un homme de nationalité turque ayant dans ses deux sacs 34 pistolets contrefaits, là encore de la marque Glock. Cette marchandise aurait notamment été revendue à la DZ Mafia. Pour Adrien Gabeaud, l'avocat de l'un des suspects, une arme copiée a un atout majeur : sans numéro de série, elle est donc intraçable. "On ne peut pas savoir où elle a été fabriquée, acquise, vendue, transportée. Donc c'est un gage de discrétion ou de non-identification", dit-il.
Ces copies illégales proviennent souvent d'un seul et même pays : la Turquie. Ce pays est un grand fabricant d'armes et, depuis deux ans, grand fabricant de fausses. "Des usines turques produisent des armes de contrefaçon de très haut de gamme, en quantité industrielle", indique la même note de la PJ.
Autre inquiétude de la police, les armes hybrides conçues grâce à des imprimantes 3D et des pièces détachées achetées en ligne. Les malfrats n'ont qu'à assembler les éléments. C'est illégal. La peine encourue est de 7 ans de prison. "La carcasse va être un élément qui va être imprimé à l'aide d'une imprimante 3D, assemblé avec le canon et la glissière qui, eux, proviennent d'une manufacture d'armes officielle. Ça en fait une arme qui est fiable et résistante", assure Antoine Museau.
En 2024, les policiers avaient arrêté un suspect à Cherbourg (Manche). À son domicile, ils avaient trouvé une imprimante 3D ainsi que des morceaux d'armes déjà prêts à l'emploi.