// FUTURA SCIENCES — SPAZIO & SCIENZA
Le « marteau de Dieu » : cette redoutable arme spatiale américaine pourrait-elle frapper le sol ?
Depuis mars, le commandement spatial américain organise une série d'exercices de guerre orbitale inédits, associant pour la première fois une soixantaine d'entreprises privées. Le premier simulait l'explosion d'une bombe nucléaire en orbite, un scénario improbable mais dont les conséquences catastrophiques justifient que l'on s'y prépare.... Lire la suite
C’est un coup de tonnerre dans le silence de l’espace. Les États-Unis viennent d’affirmer qu’ils disposent d’armes en orbite. Une annonce qui fait immédiatement réagir la Russie et la Chine. Mais de quoi s’agit-il et pourquoi cette annonce marque l’entrée dans une nouvelle ère.... Lire la suite
Journaliste, télépilote professionnel de drones et réalisateur de documentaires
Un satellite lâche une immense barre de tungstène. Quelques minutes plus tard, elle traverse l’atmosphère à une vitesse hypersonique et pulvérise sa cible par la seule force de son impact. Longtemps restée dans les cartons des labos militaires américains, cette arme surnommée « Rods from God » pourrait-elle redevenir d’actualité ?
La science-fiction donne souvent de funestes idées aux militaires. Ce fut le cas dans les années 50 lorsque Jerry Pournelle, un écrivain a imaginé un satellite bombardier, baptisé Rods from God, signifiant littéralement les « barres venues de Dieu ». L'idée : placer en orbite des projectiles dénués d'explosifs pour les précipiter à l'unité ou en grappe sur une cible au sol à très haute vélocité. Le concept est passé de l'imagination d'un auteur, aux labos de recherche et développement de l'US Air Force au début des années 2000. Cette arme orbitale est même apparue dans un document de doctrine militaire américaine publié en 2003.
Depuis mars, le commandement spatial américain organise une série d'exercices de guerre orbitale inédits, associant pour la première fois une soixantaine d'entreprises privées. Le premier simulait l'explosion d'une bombe nucléaire en orbite, un scénario improbable mais dont les conséquences catastrophiques justifient que l'on s'y prépare.... Lire la suite
Les projectiles en question étaient censés mesurer jusqu'à six mètres de long pour une trentaine de centimètres de diamètres. Constitués d'un métal lourd et dense, comme du tungstène, ils devaient retomber sans propulsion à très haute vélocité, jusqu'autour de Mach 10 sur Terre, comme une météorite artificielle. A cette vitesse hypersonique, même une ogive dépourvue d'explosif peut libérer une quantité phénoménale d'énergie à l'impact. Pour les militaires, les avantages sont certains. Contrairement au tir d'une arme balistique, les systèmes d’alerte précoce, comme la détection thermique du lancement d'un missile à partir d'un satellite sont de fait inopérants. La petite taille de l'arme la rend indétectable à partir du sol et sa très haute vélocité rend son interception très difficile, voire impossible. Autre avantage, il n'y a pas de charge nucléaire, cela ne vient donc pas contrevenir au traité de l'espace de 1967 qui a convenu qu'il est interdit de positionner des armes de destruction massive en orbite. Enfin, avec ces ogives, il est possible de frapper n'importe quelle zone sur Terre.
L'US Air Force n'est pas allé plus loin. A l'époque, le rêve américain s'est heurté aux lois de la physique... et au prix. Il faut dire qu'il est nécessaire d'envoyer en orbite une masse délirante de tungstène. Même aujourd'hui, avec la baisse spectaculaire des tarifs des lancements spatiaux, placer autant de munition en orbite reste trop onéreux. L'autre souci, c'est que pour pouvoir atteindre un cible n'importe où sur Terre, il faudrait une vaste constellation de satellites bombardiers. Là encore, le coût de ce déploiement est rédhibitoire. Restaient les obstacles physiques. Pour obtenir de la précision, il est nécessaire d'adapter l'équivalent d'un véhicule de rentrée d'un missile balistique pour diriger correctement les ogives. De fait, la masse totale du satellite porteur rendrait improbable sa mise en orbite