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Actualité : Elon Musk a fait modifier des moteurs de Boeing 747 pour alimenter son centre de données IA, leur pollution pousse des habitants à saisir les autorités
Ce sont huit turbines de moteurs d’avion General Electric autrefois montées sur des Boeing 747 et 767 que xAI, l’entreprise d’Elon Musk, exploite pour alimenter son immense centre de données Colossus 2. Si cette modification permet d’apporter jusqu’à 400 MW au site, les émissions inquiètent les associations environnementales avec déjà plusieurs procédures en cours.
Les huit turbines dont l’on parle viennent donc d’anciens moteurs General Electric utilisés sur des Boeing 747 et 767. C’est la société ProEnergy qui les a modifiées pour en faire des générateurs au gaz naturel capables de produire jusqu’à 50 MW chacun avec une puissance combinée de 400 MW. Pour donner un ordre de comparaison, c’est à peu près l’électricité qu’il faut pour alimenter 120 000 foyers.
Le permis accordé à xAI pour le centre de données Colossus 2 concerne 41 turbines permanentes pour une puissance totale proche de 1,2 GW. C’est cet été qu’Elon Musk a promis que la capacité de son centre de données sera multipliée par sept, d’où l’installation de ces générateurs modifiés. Leur installation est privilégiée car bien plus rapide que les raccordements au réseau demandent des années, en général.
Sauf que voilà, cette installation s’accompagne de sa pollution. Le permis du centre de données autorise un plafond de monoxyde de carbone deux fois plus élevé pour ces huit turbines que pour certaines autres installations du site et 25 % de composés organiques volatils en plus. On parle donc là de gaz qui dégradent la qualité de l’air et des documents parlent même du formaldéhyde, une substance cancérogène.
L’organisation étasunienne de défense de l’environnement Southern Environmental Law Center conteste l’autorisation accordée par l’État. Les avocats de l’organisme estiment que xAI a sous-estimé les rejets prévus et n’a pas démontré le respect de certaines limites. Ils critiquent également le choix de moteurs de Boeing reconditionnés alors que des turbines récentes émettent bien moins.
Le permis dont l’on parle a été validé en mars dernier malgré une forte opposition locale. Et xAI est dans la tourmente depuis longtemps. Il y a plusieurs mois, l’association de défense des droits civiques NAACP et des associations environnementales ont attaqué l’entreprise en justice pour 27 turbines temporaires utilisées sans les permis fédéraux qu’elles jugeaient obligatoires.
Selon Reuters, il y a 57 turbines au centre de données Colossus 2 et 30 d’entre elles rejetteraient près de 2 500 tonnes d’oxydes d’azote et 4 000 tonnes de monoxyde de carbone par an. Le mois dernier, un juge fédéral a refusé d’écarter cette procédure.
Mais les habitants aux alentours dénoncent aussi la situation avec un bruit constant, jour et nuit, à quelques centaines de mètres des maisons. En juin dernier, ce sont trois riverains qui ont lancé une action collective contre xAI et SpaceX pour nuisance sonore et perte de valeur immobilière.
Pour faire taire la grogne et comme nous en parlions dans nos colonnes, Elon Musk a proposé de racheter plusieurs maisons du quartier Colonial Hills à proximité avec une clause qui interdit aux vendeurs de rejoindre la procédure.
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