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Moins de consoles vendues, des bénéfices records... L'incroyable paradoxe de PlayStation !
Entre juillet et septembre, la chute des livraisons de consoles n’a pas freiné les affaires du fabricant japonais. Les jeux et le PlayStation Plus soutiennent les résultats de sa division jeu vidéo, au point de pousser le groupe à relever ses ambitions pour l’année.
Chez Sony, une PS5 continue de rapporter bien après son achat. Les résultats publiés ce 5 novembre l’illustrent avec un chiffre d’affaires de 6,8 milliards d’euros pour la division Game & Network Services en hausse de 8,6% sur un an. Les dépenses des joueurs compensent largement le recul des livraisons de consoles.
Sony a livré 2,6 millions de PS5 entre juillet et septembre, contre 4 millions un an auparavant, soit une baisse de 35%. Depuis son lancement, la machine totalise ainsi 97,9 millions d’unités livrées. Il s’agit des consoles expédiées aux distributeurs, pas nécessairement déjà achetées par les joueurs.
Le recul est bien moins marqué dans les comptes. Les revenus du matériel diminuent de seulement 4,9%, à 1,2 milliard d’euros. Les hausses de prix et la faiblesse du yen amortissent la baisse des volumes, la monnaie japonaise dépréciée augmentant la valeur des recettes réalisées à l’étranger lorsqu’elles sont converties en yens.
Si les ventes de matériel ralentissent, les achats de jeux continuent eux de progresser. Sur PS4 et PS5, Sony comptabilise 88,2 millions de jeux complets vendus, soit 7,9 millions de plus qu’un an auparavant. Les titres de ses propres studios représentent 8,2 millions d’exemplaires, en hausse de 30%. Marvel’s Wolverine atteint pour sa part 2,4 millions de ventes au 4 novembre, cinquante jours après sa sortie.
Les revenus des jeux progressent logiquement de 12,6%, à environ 4 milliards d’euros. Les recettes des ventes de jeux complets en téléchargement bondissent même de 23% alors que 78% des jeux complets sont désormais vendus en numérique, contre 72% un an plus tôt.
À ces achats s’ajoutent les services réseau, qui regroupent notamment le PlayStation Plus et la publicité. Leurs revenus augmentent de 19,5%, à 1,2 milliard d’euros alors que PlayStation recense 127 millions de comptes actifs mensuels contre 119 millions un an auparavant. La base de joueurs actifs continue à s’élargir malgré le ralentissement des livraisons de nouvelles consoles.
En hausse de 83% sur un an, le bénéfice opérationnel de la division PlayStation atteint ainsi environ 1,2 milliard d’euros, un record pour un deuxième trimestre fiscal. Le bond profite toutefois d’une comparaison favorable avec l’an dernier, lorsque 280 millions d'euros de charges exceptionnelles avaient pesé sur le trimestre, dont 177 millions liés à des dépréciations de Bungie. En réintégrant ces charges au résultat de l’époque, la progression ressort autour de 29%.
Sony relève désormais sa prévision de bénéfice opérationnel annuel de 3,70 à 3,93 milliards d'euros, avec un objectif de chiffre d’affaires également rehaussé, à 27 milliards.
La crise de la RAM n'a donc plus rien d’une mauvaise nouvelle pour Sony. Entre les jeux, les extensions et les abonnements, le fabricant a encore de nombreuses occasions de vous faire passer en caisse, sans même avoir besoin de vous vendre une nouvelle console.