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Les États-Unis commencent enfin à retirer les disquettes du contrôle aérien
Pour connaître la météo, les pannes d’équipement ou les zones fermées au trafic, des contrôleurs aériens américains consultent encore des systèmes des années 1980 mis à jour à la disquette. La FAA a commencé à les remplacer par un écran unique.
Les contrôleurs d’Atlantic City, de Nashville et de Rochester sont les premiers servis. Dans ces trois aéroports, et dans les centres de traitement de données d’Atlanta et de Salt Lake City, l’Administration fédérale de l’aviation (FAA) installe l’Enterprise Information Display System (E-IDS). Sur ce tableau d’affichage numérique, les contrôleurs trouvent d’un coup d’œil ce dont ils ont besoin pour décider vite. Avec lui, la FAA remplace quatre logiciels conçus dans les années 1980, installés dans plus de 400 sites de l’agence. D’ici la fin de 2028, elle prévoit d’équiper 435 sites, six ans plus tôt que prévu à l’origine. Le Government Accountability Office (GAO), l’équivalent américain de la Cour des comptes, lui reproche de ne pas savoir combien coûtera ce chantier.
Dans son rapport de septembre sur la modernisation du contrôle aérien, le GAO a passé en revue les outils des contrôleurs. Leurs écrans d’information, dans les tours de contrôle et les centres radar, fonctionnent avec des disquettes et des interfaces des années 1980, et des agents doivent mettre à jour leurs données à la main. Chercher puis afficher une carte d’approche ou un avis météo prend du temps, note l’organisme.
Avec E-IDS, la FAA regroupe sur un tableau numérique les pannes d’équipement signalées, l’état du trafic, la météo et les consignes de sécurité. Les contrôleurs recevront aussi plus vite les comptes rendus des pilotes sur la météo rencontrée en vol et les avis aux navigants (NOTAM), qui signalent par exemple une piste fermée. Comme l’explique Bryan Bedford, administrateur de la FAA, « nous abandonnons des processus manuels dépassés et remplaçons une technologie autrefois tributaire des disquettes par un système moderne, qui permet aux contrôleurs de partager instantanément les alertes de vol critiques, les horaires des zones réglementées et les rapports des pilotes dans tout l’espace aérien national ».
Si vous prenez l’avion à Nashville ou à Atlantic City, vous ne verrez rien de ce changement depuis votre siège. Les contrôleurs, en revanche, consulteront sur un seul écran l’alerte sur un orage en approche ou l’horaire d’ouverture d’une zone réglementée que votre vol doit contourner.
L’agence a de bonnes raisons de se presser. En 2024, le GAO estimait que 51 des 138 systèmes de contrôle aérien de la FAA n’étaient plus viables, et que 54 autres risquaient de ne plus l’être. Les fabricants ne produisent plus leurs pièces de rechange, et les techniciens capables de les réparer partent à la retraite. En janvier 2023, la FAA a dû interdire tout décollage dans le pays pendant environ deux heures, après la panne de son système NOTAM, en service depuis plus de trente ans. Les compagnies ont annulé plus de 1 300 vols.
Sean Duffy, le secrétaire aux Transports, se félicite de voir arriver « à la vitesse de l’éclair » le nouveau système de contrôle aérien américain. La FAA travaillait en réalité sur E-IDS bien avant cette accélération. Elle comptait d’abord terminer son installation en septembre 2034, avant d’avancer l’échéance de six ans dans son plan de modernisation, financé par une enveloppe de 12,5 milliards de dollars votée par le Congrès en juillet 2025. En 2024, le GAO notait un retard du projet et une nette hausse de son coût estimé. La FAA a résilié le contrat de son prestataire en mai 2025, pour développer le système en interne.
L’argent manque aussi. Pour les écrans d’information, le Congrès a débloqué 300 millions de dollars, alors que la FAA chiffre leur modernisation à 637 millions.
Plus largement, le GAO reproche à l’agence de n’avoir établi ni estimation complète du coût de sa modernisation, ni planning d’ensemble. La FAA gère 11 389 plannings de projets séparés, que personne n’a coordonnés. À S