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KNDS et SeaOwl préparent un drone naval armé qui file à toute vitesse, avec une impressionnante autonomie
KNDS et SeaOwl ont officialisé un partenariat pour développer un drone de surface armé d’une munition téléopérée navale. L'engin promet 35 nœuds, 200 km d’autonomie et toujours un opérateur humain aux commandes du tir.
À l'occasion du salon Euronaval, qui a lieu cette semaine à Paris et qui est ô combien riche en annonces, le groupe de défense KNDS et l'entreprise française SeaOwl ont officialisé le 3 novembre un accord pour développer et expérimenter un drone de surface doté d'une munition téléopérée navale de nouvelle génération. Rapide, discret et très endurant, l'engin pourra mener des missions offensives comme défensives. Avec une précision de taille : aussi autonome soit-il, le drone laissera toujours à un humain le dernier mot avant de tirer.
Au départ, KNDS et SeaOwl ne jouent pas dans la même catégorie. L'entreprise KNDS est née du rapprochement du Français Nexter et de l'Allemand Krauss-Maffei Wegmann, et elle est aujourd'hui le premier groupe paneuropéen de défense terrestre, avec plus de 11 000 salariés, 4,4 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2025, et plus de 40 armées clientes. SeaOwl, de son côté, est une ETI française de 2 000 salariés avec 120 millions d'euros de chiffre d'affaires, tournée vers l'énergie et la défense, mais qui a un rôle d'armateur et qui aide déjà à entraîner la flotte française grâce à des simulations en conditions réelles. Mais sa filiale SeaOwl Technology Solutions planche sur la dronisation navale.
Et figurez-vous qu'ici, c'est ce qui a grandement intéressé KNDS, qui par cette collaboration va fournir la charge militaire, qu'il développe et qualifie, autrement dit qu'il certifie comme fiable et sûre avant tout emploi. SeaOwl apportera le drone, sa navigation autonome et sa téléopération, c'est-à-dire son pilotage à distance. Les deux entreprises évoquent une « munition téléopérée navale », sans préciser si le drone se jette lui-même sur sa cible ou s'il emporte une arme distincte.
Sur le papier, la fiche technique de la machine nous intrigue. Le drone a clairement été pensé autour de la performance, de la discrétion et de l'efficacité. Il peut atteindre 35 nœuds, soit environ 65 km/h, pour intercepter une cible ou se projeter rapidement. Il emporte 30 kg de charge utile avec lui et affiche une autonomie de combat pouvant atteindre 200 km, ce qui est assez remarquable. Ses signatures radar et optique ont été travaillées pour le rendre plus furtif, et son architecture est entièrement cybersécurisée, avec une chaîne de mise à feu hautement protégée, nous disent KNDS et SeaOwl.
Et l'humain, dans tout ça ? C'est sans doute le point le plus sensible. Le drone peut évoluer de façon autonome dans les zones contestées, mais le système garantit un contrôle humain strict et permanent. La décision d'engager et de tirer revient exclusivement à l'opérateur, qui est toujours à distance. Un principe que l'on retrouve chez SMOKERS d'ailleurs, le drone naval kamikaze conçu par la DGA, piloté en permanence avec un homme dans la boucle et présenté aussi cette semaine sur le salon Euronaval.
La comparaison avec l'engin de la DGA est plutôt facile au passage. SMOKERS file un peu plus vite, à 40 nœuds, mais sur une cinquantaine de milles nautiques, soit un peu plus de 90 km, alors que le drone de KNDS et SeaOwl en promet 200. Et la DGA cherche justement un industriel pour produire SMOKERS en série, via un appel d'offres de 36 millions d'euros TTC. On pensait à Naval Group, mais KNDS pourrait être un acteur crédible également.
KNDS veut en tout cas transposer son expertise balistique vers les plateformes robotisées maritimes, tandis que SeaOwl gagne des capacités balistiques dont la fiabilité et la précision ont fait leurs preuves. L'annonce est arrivée lors d'une édition d'Euronaval incontestablement placée sous le signe des drones, entre le drone sous-marin de combat UCUV porté par l'AID et Naval Group, le programme anti-mines SLAM-F ou le navire concept SCX 26. Reste à connaître la taille, le p