// CLUBIC — HARDWARE & GADGET
Batterie de secours, 10 Go de données par jour, on décortique le tout nouveau TGV de la SNCF, inauguré vendredi
Avec plus de deux ans de retard, la SNCF a inauguré ce vendredi son TGV M entre Paris et Marseille. Sous sa livrée blanche, ce TGV nouvelle génération conçu avec Alstom cache bien plus de technologie qu'il n'y paraît.
Le tout nouveau TGV de la SNCF, conçu avec Alstom, a embarqué ses premiers voyageurs ce vendredi 6 novembre 2026 entre Paris-Gare de Lyon et Marseille-Saint-Charles. Promis pour les Jeux olympiques de 2024, ce TGV de cinquième génération a pris son temps, mais avec un confort à la hausse, un Bistro sur deux étages cette fois, des motrices raccourcies, une batterie de secours présentée comme une première mondiale et même 10 Go de données expédiés chaque jour par rame. Plus capacitaire, plus sobre et bardé de capteurs, il ne circulera pourtant, dans un premier temps, que sur un seul aller-retour quotidien.
Finalement, concevoir un nouveau TGV, c'est un peu comme jouer à l'iconique Tetris. Les ingénieurs ont raccourci chaque motrice, les locomotives placées aux deux bouts du train, de 4 mètres, et chaque voiture d'environ un mètre, grâce à des équipements plus compacts. Les 16 mètres récupérés suffisent à glisser une neuvième voiture, là où les TGV actuels s'arrêtent à huit, pour une longueur quasi identique. Au lancement, en configuration TGV INOUI, la rame compte ainsi 573 sièges, contre 556 auparavant. La SNCF n'a pas tout densifié pour autant, « pour proposer la meilleure expérience à bord ». Poussée au maximum, elle pourrait pourtant accueillir 740 voyageurs, soit 20 % de plus.
Cette souplesse est la marque de fabrique du train, dont le « M » (l'appellation TGV M a disparu au profit de TGV nouvelle génération) valait pour Modularité, Modernité et Maîtrise. Une salle de première peut être reconvertie en seconde, et la rame peut passer de huit à neuf voitures. Les sièges, eux, ont été repensés de fond en comble. Une mousse a été choisie pour retrouver le moelleux des ressorts des premiers TGV, et un tricot 3D à 85 % de laine, tendu sur une structure légère, produit un « effet hamac ». Testés auprès de 125 clients, ils offrent 5 cm de plus aux genoux en seconde, et 5 cm de largeur en plus en première.
La voiture-bar prend aussi du galon. Le Bistro TGV INOUI occupe désormais une voiture entière, sur deux niveaux reliés par un escalier. En bas, on trouve une épicerie en libre-service, des frigos, des bornes de paiement et un barista. En haut, une vraie salle de 28 places assises. L'aménagement intérieur porte la griffe de l'agence AREP et du studio japonais Nendo. Le duo signe même la nouvelle lampe de table, jaune et toute en rondeurs, que l'éditeur français Brossier Saderne vend aussi au grand public.
Le progrès le plus marquant de ce nouveau train, c'est son autonomie. Pour la première fois dans l'histoire du TGV, un voyageur en fauteuil roulant peut monter à bord sans assistance. Un « comble-lacune » se déploie en effet automatiquement pour boucher le vide entre le quai et la porte. Une plateforme élévatrice franchit ensuite les quelques marches jusqu'à la salle, le tout en moins d'une minute. Le train offre cinq emplacements dédiés, contre deux jusqu'ici, et des toilettes plus vastes que ne l'impose la norme européenne d'accessibilité (STI-PMR).
Le reste de la rame soigne les détails du quotidien. Les cyclistes ont huit places vélo, contre deux dans les TGV INOUI actuels. Les familles disposent de trois tables à langer et de micro-ondes pour réchauffer plats et biberons. Les plateformes deviennent de petits salons climatisés, avec banquettes et grandes baies vitrées. Et le train règle lui-même l'ambiance, puisque climatisation et chauffage s'ajustent au nombre de passagers, tandis que l'éclairage LED reste au maximum en gare, pour éviter les oublis, avant de baisser à 50 % une fois en route.
Le vrai saut technologique, on le retrouve sans doute là où les voyageurs ne regardent jamais. Chaque rame transmet par exemple 10 Go de données par jour aux centres de maintenance, et quelque 25 000 informations peu