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Une marche pour arrêter la course l’IA va traverser Paris, avec un parcours ô combien symbolique
À Paris, une marche pour la sécurité de l'IA ira de l'ambassade des États-Unis à celle de Chine, le 14 novembre. À l'appel de Pause IA, les manifestants exigent un traité international pour arrêter la course effrénée à l'intelligence artificielle.
Il y a les manifestations contre la vie chère en ce moment en France, mais certains n'oublient pas l'essor de l'intelligence artificielle et ses potentielles conséquences sur notre société au sens large. Une marche pour la sécurité de l'IA traversera ainsi Paris le samedi 14 novembre, à l'appel de l'association Pause IA, qui l'organise avec Stop The AI Race. Son tracé, de l'ambassade des États-Unis à celle de Chine, est tout trouvé puisque quatre jours plus tard, Donald Trump et Xi Jinping se rencontreront au sommet de l'APEC, à Shenzhen. Les marcheurs devraient réclamer un traité sur l'IA que la diplomatie mondiale, pour l'instant, se contente d'effleurer.
Pour le 14 novembre, le rendez-vous est donné à 11 heures près de l'ambassade des États-Unis, place de la Concorde. Le cortège rejoindra ensuite l'ambassade de Chine, avenue George V, pour un rassemblement prévu à midi, avant de filer vers le Trocadéro. Le final se jouera à 12h40 face au Parvis des Droits de l'Homme, avec la tour Eiffel en toile de fond. Deux heures de marche, et deux superpuissances interpellées.
Derrière cette initiative jusque-là plutôt rare, on trouve une association de bénévoles, représentante en France du mouvement international Pause AI Global. Cette dernière réclame un moratoire. Dans le détail, elle appelle à une mise en pause du développement des IA les plus avancées, tant que leur sécurité ne peut être garantie. Pour l'encadrer, elle réclame un traité contraignant, assorti de mécanismes de vérification indépendants, c'est-à-dire de contrôles confiés à des instances extérieures. Ses craintes vont des cyberattaques automatisées à la désinformation de masse, en passant par les perturbations économiques et le risque, plus vertigineux, d'une perte de contrôle de ces systèmes, une option hélas déjà vue et qui serait même possible à plus grande échelle, comme plusieurs experts cyber ont pu le confirmer récemment à Clubic.
Les organisateurs présentent l'événement du 14 novembre prochain comme la première mobilisation de cette ampleur en France sous forme de marche. Des manifestations sont aussi annoncées le même jour à Washington, New York, San Francisco, Boston, Montréal et Toronto. Et en France, à Marseille, des bénévoles distribueront des tracts devant le consulat américain et présenteront aux passants les enjeux de sécurité de l'IA. Pour Clémence Peyrot, directrice exécutive de Pause IA France, il s'agit de prouver que les citoyens « ont leur mot à dire » et d'appeler les responsables politiques à reprendre le contrôle. Selon elle, la France doit aussi jouer un rôle moteur dans la négociation d'un futur traité.
Faire cela le 14 novembre n'est pas anodin, car la Chine accueille à Shenzhen, les 18 et 19 novembre sur les terres de DJI, BYD, Tencent ou Huawei, le sommet de l'APEC, forum de coopération économique qui réunit 21 économies de la zone Asie-Pacifique. Donald Trump a lui-même annoncé qu'il retrouverait Xi Jinping en Chine en novembre, puis au G20 de Miami en décembre, même si le programme exact de ce tête-à-tête n'était pas encore bouclé début novembre. Pas sûr en revanche que les deux dirigeants entendent le message.
Sur le terrain diplomatique, les choses avancent au rythme feutré des enceintes onusiennes. L'ONU a ouvert un Dialogue mondial sur la gouvernance de l'IA, dont la première session s'est tenue à Genève début juillet. Il est nourri par un groupe de dizaines d'experts indépendants, sélectionnés parmi plus de 2 600 candidats et coprésidé par le chercheur canadien Yoshua Bengio et la journaliste philippine Maria Ressa, Prix Nobel de la paix. Seulement, ce forum est fait pour échanger, il n'a vous vous en doutez aucun pouvoir décisionnel ni contraignant envers les États, et sa prochaine