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"Cette recrudescence des vols impacte la production des parcs" : 500 km de câbles de cuivre dérobés dans une centrale photovoltaïque
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Julien Gasparutto, Margaux Manière, Caroline Thébaud
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Pascal Doucet-Bon
Plus de 500 kilomètres de câbles de cuivre, dont le cours ne cesse de s’envoler, ont été dérobés dans des parcs photovoltaïques du Sud-Ouest. Le montant du préjudice est estimé à 1 million d’euros. Plus d’une centaine de gendarmes ont été mobilisés pour démanteler un réseau, et six personnes placées en détention.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
À Saint-Germain-d’Esteuil (Gironde), la centrale photovoltaïque se retrouve au cœur d'un vaste pillage. Des câbles de cuivre, situés sous les panneaux solaires pour les relier entre eux, ont été méthodiquement sectionnés et volés cet été par une bande organisée. Après quatre mois d'enquête, les gendarmes ont interpellé six hommes de 19 à 45 ans, de nationalité roumaine. Ils ont été placés en détention provisoire.
Au total, ces hommes ont dérobé plus de 500 km de câbles de cuivre dans le Sud-Ouest, dans 13 parcs photovoltaïques différents, en Gironde et dans cinq autres départements limitrophes. Leur mode opératoire était bien rodé. "La manière d'opérer est identique, à savoir des dégradations sur les clôtures lors de raids nocturnes permettant d'entrer sur des sites isolés, en pleine forêt, assez loin des habitations", décrit le tribunal judiciaire de Bordeaux.
Le préjudice est estimé à plus d'un million d'euros. La marchandise aurait déjà été écoulée. "Soit après leur périple, assez rapidement, ils font brûler les gaines pour récupérer le cuivre et ils ont une filière quasiment le lendemain matin pour faire écouler la marchandise. Soit ils le stockent quelque part, en attendant une éventuelle personne intéressée pour racheter ce cuivre-là", précise le capitaine Dérine Weisgerber, adjointe au commandant de la compagnie de gendarmerie de Lesparre-Médoc.
Des vols de cuivre motivés une fois encore par l'appât du gain. Son cours mondial a doublé en cinq ans pour atteindre près de 13 000 euros la tonne aujourd'hui. Les parcs photovoltaïques sont devenus des cibles privilégiées. Sur des hectares, malgré la présence de caméras, il est difficile de pouvoir avoir une surveillance 24 heures sur 24 des installations. "La profession est inquiète. Cette recrudescence des vols impacte la production des parcs, elle pénalise les équipements", explique Christophe Tomas, le vice-président de la commission solaire du Syndicat des énergies renouvelables.
Ces vols ont en effet provoqué de longues interruptions de la production électrique des centrales. Depuis le début de l'année, les gendarmes de Nouvelle-Aquitaine ont recensé plus de 400 vols de cuivre, un record.