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Quelle est l’enceinte Hi-Fi la plus chère du monde ? Au salon High-End, la démesure avait un nom
Si dans la Hi-Fi haut de gamme, il n’y a pas de boss final de l’extravagance, certains produits dits high-end (synonyme de « pas de limite de budget ») se démarquent largement du reste, atteignant parfois les tarifs indécents de quelques hypercars.
Nous avons un peu creusé le sujet lors du récent salon High-end 2026 de Vienne, grand-messe annuelle du milieu audiophile. Modèles classiques mais gigantesques, créations aux architectures alambiquées, grands panneaux électroacoustiques, immenses systèmes pavillonnaires, qui détient actuellement le record en la matière ?
L’enceinte colonne avec transducteurs dynamiques a de beaux jours devant elle, même dans le très haut de gamme. Ce type de haut-parleur reste ultra-dominant dans tous les secteurs audio, signe de son efficacité, et il se réinvente légèrement avec le temps, par sursauts plus ou moins marqués et ajouts externes : apparition des traitements actifs/DSP et corrections acoustiques, progrès dans les matériaux des membranes, montages complexes rendus possibles par les logiciels de conception, etc. Il est ici toujours possible de repousser les limites. En l’occurrence, notre plus grand souvenir d’écoute vient d’une paire de Genelec 8381A au studio Ferber, enceintes très particulières (sorte de 5 voies) mais techniquement incroyables.
Les nouvelles JBL Summit Everest font partie des produits phares du salon, et nous avons rarement connu de duo développant un tel niveau de puissance. Mais même à 160 000 la paire, nous sommes très loin des sommets.
Ce ne sont pas non plus les Magico S7 (à partir de 186 000 € la paire) présentées lors de ce salon qui seront les championnes, malgré leur coffret intégralement en aluminium et leurs haut-parleurs en carbone/graphène. Ces dernières ne sont même pas les premières dans la hiérarchie du constructeur, dont le vaisseau amiral, les M9 (coffrets en aluminium pris en sandwich par de la fibre de carbone), atteint plutôt les 750 000 $ la paire.
Du côté des productions plus extravagantes mais néanmoins avec HP dynamiques, les acteurs ne manquent pas. Les Suisses de chez Goldmund et leur système Gaïa, sorte de totem formé de blocs acoustiques empilés, dépasse déjà le demi-million, ce qui les classe probablement dans le top 10.
Le salut vient peut-être de la marque ayant inventé le concept d’enceintes High-end, Wilson Audio. Habitué aux structures multiblocs ajustables, aux montages multivoies, et surtout spécialiste des matériaux composites, le constructeur américain a présenté pour la première fois son nouveau vaisseau amiral, l’Autobiography, qui débute (en finition « basique ») à 788 000 $. Difficile de faire mieux ?
Passons à des technologies plus exotiques, par exemple les panneaux électrostatiques de chez Martin Logan. Graal de la transparence pour certains, cette technologie distille effectivement une sonorité à part, tout en conférant une identité visuelle unique. Mais là encore, bien que nous atteignions des sommes rondelettes, même les Neolith, les plus impressionnantes du catalogue Martin Logan, atteignent à peine les 6 chiffres.
Autre étrangeté qui vaut son pesant d’or, les enceintes de l'Allemand MBL. Outre leurs woofers (haut-parleurs de basses) classiques, ces appareils utilisent, à la fois comme haut-parleurs de médiums et comme tweeters, des assemblages convexes de lames métalliques disposées à la verticale, afin de disperser les fréquences à 360°. Des créations atypiques entièrement montées à la main, presque artisanales (dans le sens noble du terme), qui ne concernent que les plus fortunés (jusqu’à 385 000 euros la paire), mais qui ne se placent même pas sur le podium.
Pour trouver le véritable gagnant de ce jeu indécent, il faut se tourner vers un acteur évidemment inconnu des non-initiés, mais qui chaque année revient et loue le plus grand espace du salon High-End, le constructeur chinois ESD. Spécialiste de l’enceinte pavillonnaire, cette marque va du produit relativement simple (entre guillemets) jusqu’au colossal