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Voitures électriques chinoises : pourquoi Renault, Stellantis et Volkswagen veulent assouplir le plan de Bruxelles
Vous le savez, les voitures chinoises sont de plus en plus nombreuses en Europe. Au mois de janvier 2026, les ventes de ces autos avaient grimpé de 80 % sur le Vieux Continent dans un marché en baisse de 3,6 % sur la même période. BYD a par exemple vu ses immatriculations augmenter de 270 % en 2025 sur le continent, avec plus de 188 000 immatriculations. Et ce n’est pas la seule marque à vouloir s’imposer chez nous. Or, cela ne plaît pas du tout à Bruxelles, ni aux constructeurs européens.
Face à cela, la Commission européenne a présenté un ensemble de mesures début 2026 afin de faire cesser cette invasion. Un plan qui ne plaît pas à toutes les marques européennes : Renault, Volkswagen et le groupe Stellantis (60 % de la production automobile européenne, comme l’indique Automotive News Europe) demandent désormais à Bruxelles d’assouplir le dispositif qu’il prépare. Elles soutiennent le principe d’un contenu local, mais réclament un seuil moins exigeant que celui envisagé par la Commission.
Mais que veulent concrètement ces trois entreprises ? Elles demandent simplement que « 70 % des véhicules vendus dans l’Union européenne tirent 70 % de leur valeur de l’intérieur du bloc des 27 pays ».
Bruxelles, de son côté, avait suggéré que les voitures électriques contiennent au moins 70 % de composants produits en Europe, batteries exclues, et envisage par ailleurs un seuil de 85 % des ventes de chaque constructeur conformes à ce critère. Sans quoi elles ne pourraient pas bénéficier d’aides telles que la prime CEE mise en place en France, entre autres. Pour mémoire, celle-ci est déjà conditionnée à l’éco-score.
Un point important pour comprendre l’enjeu : la Commission envisage que 85 % des ventes de chaque constructeur respectent les critères de contenu local pour ouvrir droit aux aides. Renault, Volkswagen et Stellantis proposent de ramener ce seuil à 70 %, en s’appuyant sur le fait que les importations représentent aujourd’hui environ 26 % du marché automobile européen.
Les 30 % restants leur permettraient de continuer à produire dans des pays hors UE comme le Maroc et la Turquie, où Stellantis et Renault disposent d’usines importantes.
Pour les trois géants européens, il y a urgence. Et ce alors que ces derniers sont « confrontés à un défi sans précédent pour leur compétitivité en raison d’importantes lacunes technologiques dans des domaines stratégiques, d’une forte pression concurrentielle mondiale et de coûts énergétiques, de production et réglementaires toujours élevés ». C’est ce qu’ils ont écrit dans une lettre commune adressée aux députés européens. Car les entreprises veulent conserver une base industrielle sur le continent. Mais cela dépend majoritairement d’un cadre réglementaire « plus réaliste ».
Les marques ont notamment rappelé que la demande reste faible en Europe, avec environ trois millions de véhicules vendus par an de moins qu’en 2019. Et pour elles, un soutien des pouvoirs publics est donc absolument indispensable. Les trois constructeurs demandent à Bruxelles de mettre en place des mesures pour encourager la production européenne. Et notamment pour les batteries, puisque de nombreuses entreprises sont en difficulté. On pense par exemple à ACC ainsi qu’à Verkor. Pour mémoire, Bruxelles avait annoncé un investissement de 4,6 milliards d’euros dans ce sens en 2024.
Cependant, le Vieux Continent a encore du mal à rivaliser avec la puissance industrielle de la Chine. Et ce alors que CATL et BYD dominent plus de la moitié du marché mondial de la batterie à l’heure actuelle. Ainsi, pour les constructeurs, un soutien financier de la part de l’Europe est indispensable pour pouvoir progresser. En parallèle, ils demandent une plus grande flexibilité réglementaire, notamment sur les petites voitures. C’est justement pour cela que l’Europe prépare l’arrivée de la catégorie M1E. Mais le plan européen se heurte déjà à plusieurs obstacles.
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