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Actualité : Les applis météo mentent (un peu) : comment sont vraiment calculées les températures que vous lisez
Votre iPhone affiche 32°C, AccuWeather annonce 36°C, et votre thermomètre de balcon grimpe à 42°C. Même ville, même instant, trois chiffres différents... Alors que la France subit une vague de chaleur intense, des millions de personnes consultent leur app météo plusieurs fois par jour sans savoir que le chiffre affiché ne correspond ni à ce qu'elles ressentent, ni forcément à ce qu'affiche l'app du voisin. La raison tient à la façon dont ces températures sont mesurées, calculées et transmises
© Hadrian / Les Numériques - Les applications météo affichent des températures qui peuvent varier de plusieurs degrés selon leurs sources et leurs algorithmes de calcul.
Quand la canicule s'installe, le réflexe est universel : on dégaine son smartphone pour vérifier la température. Sauf que le chiffre affiché à l'écran raconte une version très particulière de la réalité. Pour comprendre l'écart entre ce que vous lisez et ce que vous ressentez, il faut remonter à la source des données.
En France, Météo-France exploite quelque 2 000 stations automatiques de surface réparties sur le territoire, regroupées dans le réseau RADOME. Chacune respecte un protocole strict édicté par l'Organisation météorologique mondiale (OMM) : le capteur est placé sous un abri ventilé peint en blanc, à 1,50 mètre du sol, au-dessus d'un terrain herbeux dégagé, à distance de tout obstacle.
Selon l'Encyclopédie de l'environnement, qui s'appuie sur les cours de l'École nationale de la météorologie, l'objectif est d'obtenir une température "voisine de celle de l'air", dans un environnement où aucune source de chaleur parasite n'interfère.
Le réseau de stations d'observation de Météo-France sur le territoire métropolitain. Les points rouges représentent les stations synoptiques, les bleus les stations automatiques.
Votre balcon en plein soleil, cerné de béton et de verre, ne répond à aucune de ces conditions. L'air piégé entre les façades se réchauffe bien au-delà de ce que mesure une station normalisée. C'est l'effet d'îlot de chaleur urbain : selon l'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA), les zones densément bâties enregistrent en journée 0,5 à 4°C de plus que les zones rurales environnantes, et 1 à 3°C de plus la nuit.
La station de Paris-Montsouris, installée dans un parc arboré du 14e arrondissement, ne reflète donc pas ce que vous vivez au cinquième étage d'un immeuble du centre de Paris. Une étude publiée dans la revue Climatologie a d'ailleurs montré des écarts significatifs entre les relevés de Montsouris et ceux de stations situées à moins de 15 km.
Carte des températures mesurées dans et autour du parc Montsouris (14e arrondissement de Paris). La station météorologique de référence, signalée par le drapeau rouge, se situe dans la zone la plus fraîche. Les rues alentour affichent jusqu'à 4°C de plus.
© Dahech, Charfi & Madelin, 2020 / revue Climatologie (CC BY-NC)