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Actualité : Souveraineté numérique : la France largue Palantir, injecte 655 millions d'euros dans l'IA et déploie Mistral dans toute l'administration
Le gouvernement annonce un triple virage : argent public massif pour l'IA, rupture du contrat entre la DGSI et le géant américain Palantir, et généralisation d'un assistant conversationnel souverain alimenté par Mistral AI à un million d'agents de l'État.
© Victor Velter, Les Numériques - IA : la France ajoute 655 millions d'euros à France 2030, à la veille de VivaTech
À la veille de l'ouverture du salon VivaTech à Paris, Sébastien Lecornu a dévoilé mardi 16 juin un plan en trois volets. Le programme France 2030 consacrera 655 millions d'euros supplémentaires au développement de l'intelligence artificielle, fléchés vers les infrastructures, les capacités de calcul, la recherche et les filières industrielles.
En parallèle, le Premier ministre a confirmé que la DGSI avait rompu son contrat avec Palantir, l'entreprise américaine d'analyse de données très controversée et cofondée par Peter Thiel, figure proche de Donald Trump. C'est la société française ChapsVision qui reprend le flambeau du renseignement intérieur.
Nous ne pouvons pas accepter de nouvelles dépendances stratégiques dans le numérique.
Le troisième pilier concerne la généralisation de l'Assistant, un outil conversationnel propulsé par les modèles de Mistral AI. Après dix mois d'expérimentation auprès de 10 000 fonctionnaires répartis entre les ministères de l'Intérieur, de la Justice et plusieurs services de Bercy, l'outil sera désormais accessible à environ un million d'agents connectés au réseau interministériel, sur un total de 2,6 millions. Le coût de cette extension : 700 000 euros, incluant l'accès aux modèles de Mistral et aux capacités de calcul.
Comme l’électricité hier, comme Internet il y a trente ans, l’intelligence artificielle change déjà nos vies.Le temps des expérimentations est terminé. J’ai décidé d’accélérer la transformation de l’État :→ un assistant conversationnel souverain commun pour tous les agents… pic.twitter.com/bAMDPEKqVh
Le gouvernement espère, entre autres, réduire le recours aux “outils d'IA clandestins” qui circulent dans les administrations sans supervision. Un outil de traduction baptisé DiploIA, développé par le Quai d'Orsay, sera également ouvert aux administrations volontaires dès ce mois-ci. À l'automne, un assistant dédié sera expérimenté dans certaines maisons France Services pour épauler les conseillers face aux demandes des administrés.
Que cette révolution profite aux Français, protège notre souveraineté et renforce nos services publics.
Le calendrier compte. Mi-mai, une cyberattaque contre l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) a exposé les données de près de 12 millions de personnes et précipité la création d'une Autorité du numérique et de l'intelligence artificielle de l'État.