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Actualité : Répulsifs anti-requins pour surfeurs : que dit vraiment la science tech en 2026 ?
Bracelets, chevillères, antennes collées sous la planche : les répulsifs électromagnétiques anti-requins se multiplient sur le marché. Tous promettent de tenir le prédateur à distance en surstimulant ses organes sensoriels. Las, les tests scientifiques indépendants racontent une histoire plus nuancée, où la taille du dispositif change tout et où le risque zéro n'existe pas.
© Shutterstock - Répulsifs anti-requins pour surfeurs : que dit vraiment la science tech en 2026 ?
Le surfeur boucle la petite chevillère avant de rejoindre le line-up, rassuré. Puisqu'elle génère un champ censé faire fuir les requins, il se sent un peu plus intouchable, prêt à s'aventurer là où d'autres hésitent.
C'est précisément cette confiance qui inquiète les chercheurs. Car derrière la promesse d'un bouclier invisible se cache une physique bien plus capricieuse, où quelques centimètres d'électrodes décident parfois de tout.
Le principe de ces appareils est ingénieux sur le papier. Requins et raies possèdent un organe sensoriel unique, les ampoules de Lorenzini, de minuscules pores remplis d'un gel électroconducteur (le matériau biologique le plus conducteur identifié à ce jour) logés principalement sur leur museau.
Grâce à eux, l'animal détecte à très courte distance les infimes champs électriques émis par les battements de cœur ou les muscles de ses proies, avec un seuil de sensibilité aussi bas que 0,5 μV/m. Les répulsifs retournent cette arme contre lui en émettant un champ bien plus intense que celui d'une proie, jusqu'à 85 V par impulsion pour les modèles les plus puissants. Résultat, les ampoules sont saturées, l'inconfort devient insupportable et le requin fait demi-tour.
Le signal des répulsifs, contrairement à une crainte répandue, n'attire pas les requins
Cette approche a un mérite écologique notable. Les autres animaux marins (dauphins, tortues, poissons osseux) sont dépourvus de ces récepteurs électriques ; ils ne ressentent rien et nagent sans gêne à proximité. Attention toutefois à ne pas confondre les ampoules de Lorenzini avec la ligne latérale, un autre organe sensoriel présent sur les flancs du requin, de la tête à la queue, qui détecte les variations de pression et les mouvements dans un rayon d'environ 20 m. Celui-ci n'est neutralisé par aucun répulsif électromagnétique.
Le signal des répulsifs, contrairement à une crainte répandue, n'attire pas les requins : il ne reproduit pas la signature d'une proie blessée et s'éteint vite avec la distance. Le concept est donc à la fois sélectif et non létal. Reste un obstacle : encore faut-il qu'il fonctionne pour de bon.
C'est là que la science tranche, et sans ménagement. La référence en la matière est une étude indépendante publiée dans la revue PeerJ en 2018, conduite par le Pr Charlie Huveneers et ses collègues de l'Université Flinders (Australie), commanditée par le gouvernement de Nouvelle-Galles du Sud.