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TEMOIGNAGE. "On a foncé tête baissée sur ce monstre" : un pompier des Deux-Sèvres raconte le combat de son équipage contre l'incendie de Gironde
Depuis le début de l'incendie, des pompiers de la France entière sont envoyés en Gironde pour combattre les flammes. Même les plus expérimentés se sentent parfois impuissants.
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Après cinq jours de lutte contre l'incendie de Gironde, la fatigue commence à se faire sentir, chez des pompiers, souvent volontaires, qui ont quitté leur département. Au cœur du massif brûlé, au Porge, franceinfo a rencontré un équipage exténué.
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Six pompiers volontaires des Deux-Sèvres attendent avec leur visage de gamins, postés devant leur camion garé avec des dizaines d'autres, sur le stade de rugby. "On est prêts à partir et dès qu'il y a besoin de nous à un endroit, on part", indique une jeune femme. Elle et ses camarades sont dirigés par Nico, le taulier de l'équipe. À 46 ans, le père de famille se réjouit que "ses petits" aient enfin pu faire une vraie nuit de sommeil.
Le matin, au petit déjeuner, tout le monde a craqué. "On a versé une petite larme, ça fait du bien, confie Nico. Je n'ai pas peur de le dire, je n'ai pas honte non plus. On se disait que c'était bizarre que certains n'aient pas encore réagi. Puis ce matin, on se regardait dans le blanc des yeux en déjeunant." Le pompier poursuit : "On a toujours été au taquet, de vendredi à lundi matin, on a dormi que cinq heures, dans un fossé ou dans le camion. On a foncé tête baissée sur ce monstre, comme on l'appelle."
"On a pris le temps de se poser. On commence à ouvrir les yeux un peu."
Soudain, tout le monde se lève. Les commandants vont les envoyer sur le feu. Un incendie qui effraie des pompiers de trente ans de carrière. "C'est une chaleur énorme, rapporte Nico. Déjà entre pompiers, ça nous fait peur. Mais on se dit qu'on est là pour ça, qu'il faut le stopper, l'attaquer. On pense à tous ces gens qui ont tout perdu."
Mais les soldats du feu se sentent aussi parfois "impuissants". "C'est impressionnant. Le vent qui tourne fait qu'il s'en va ailleurs. On est prépositionnés, prêts à l'attaquer, puis il arrive à 200-150 mètres de nous et hop ! Il fait demi-tour et va voir ailleurs. Il joue avec nous et en attendant il fait des dégâts sur son passage", explique Nico.
L'équipage ressort en trottinant pour grimper dans le camion. Nico a juste eu le temps de répondre au "on pense à toi papa" de son fils de 15 ans. Il fait déjà 35°C au tableau de bord et ce n'est pas une bonne nouvelle.