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Actualité : L’ONU alerte : en 2030, la consommation d'eau de l'IA égalera celle de l'Afrique subsaharienne, un défi écologique majeur
Dans un récent rapport, l’Organisation des Nations unies (ONU) s’inquiète de la consommation en eau, en électricité et en espace habitable des centres de données. Tout particulièrement à l’air de l’IA.
© Gloria Mendoza / BetterImagesofAI /CC BY-SA 4.0 - Les centres de données dédiés à l’IA consomment beaucoup d’eau et d’électricités
En 2025, la consommation électrique de tous les centres de données au monde avoisinait les 448 térawattheures, soit presque autant que ce que consomme un pays comme la France. Les serveurs dédiés à l’intelligence artificielle ont représenté un cinquième de cette consommation. C’est ce que nous apprend un récent rapport de l’ONU sur l’utilisation des ressources et des espaces par l’industrie numérique.
Les Nations unies n’y vont pas par quatre chemins et expliquent tout de go que l’IA "menace les ressources en eau et en énergie" si elle continue à se développer de manière aussi brutale qu’aujourd’hui.
Selon le rapport, en 2025, les centres de données auraient consommé 4 500 milliards de litres d’eau, soit suffisamment "pour remplir 1,8 million de piscines olympiques". D’ici à 2030, ces volumes pourraient atteindre 9 milliards de mètres cubes, "soit l’équivalent des besoins annuels du 1,3 milliard de personnes qui vivent en Afrique subsaharienne". Idem pour l’électricité avec des projections à 945 térawattheures d’ici à quatre ans, soit "près du triple de la consommation annuelle combinée d’électricité du Pakistan, du Bangladesh et du Nigéria".
L’ONU s’est également intéressée de près à l’occupation physique de ces centres de données et estime que d’ici à 2030, ces hangars pourraient occuper près de 15 000 kilomètres carrés de notre planète, soit cinq fois la taille de l’agglomération parisienne environ. C’est en prenant en compte à la fois la demande en électricité en eau et en espace que le rapport se permet d’alerter sur les impacts environnementaux du secteur.
"Ce qui nous a le plus surpris, c’est de constater à quel point les choix qui semblent les plus écologiques du point de vue des émissions de carbone finissent souvent par être les plus néfastes pour l’eau ou les sols", détaille Miriam Aczel, chercheuse à l’Institut de l’ONU. "Bas en carbone ne signifie pas toujours bas en consommation d’eau ou d’espace", indique le rapport, qui encourage à observer ces problématiques de manière plus globale.
Pour autant, les Nations unies ne condamnent pas l’IA en bloc, mais proposent un "écosystème d’IA responsable" qui se repose entre autres, sur la transparence des données, la recherche d’efficacité énergétique dès la conception, l’équité et la justice environnementale.
"Le réel progrès se manifeste dans l’intégration de critères de durabilité à tous les niveaux jusqu’à la gouvernance et l’utilisation par le grand public", conclut le rapport.
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