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Que se passe-t-il dans la tête d'un pyromane ? Décryptage avec un psychiatre criminologue
Alors que le feu est stabilisé en Gironde, d'autres continuent de brûler un peu partout. Dans deux tiers des cas, on parle d'incendies volontaires criminels. Le psychiatre et criminologue Pierre Lamothe explique ce qu'il se passe dans la tête des auteurs.
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Avec une météo plus favorable, jeudi 30 juillet, la Gironde voit la vigilance orange canicule levée. L'incendie géant est enfin stabilisé après 42 000 hectares ravagés, alors qu'il est fixé dans le Var. Mais ailleurs, des feux progressent encore, comme en Corse ou en Côte-d'Or.
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Pour ce qui est l'origine de ces feux, 263 personnes ont été interpellées depuis le 28 juin, soupçonnées d'avoir déclenché des feux de forêt. Dans deux tiers des cas, on parle d'incendies criminels, volontaires. Qui sont les incendiaires et les pyromanes qui sèment le feu et la destruction ? Il y a peut-être une fascination, certains sont même des pompiers volontaires...
Pierre Lamothe, psychiatre et criminologue qui a pris en charge plus d'une vingtaine de cas de pyromanes au cours de sa carrière, explique la distinction entre un incendiaire et un pyromane. "L'incendiaire est quelqu'un qui met le feu délibérément pour atteindre quelqu'un ou quelque chose, dit-il. Il met le feu à quelque chose qu'il connaît."
"L'incendiaire est tout à fait conscient de son geste et à la limite, il ne veut pas agir clandestinement. Il aimerait être reconnu, quelque part, pour que sa vengeance soit identifiée."
"Il agit parfois en état d'ivresse et il est moins typé masculin que le pyromane, ajoute le spécialiste. Il y a quelques femmes qui ont mis le feu, comme une fois dans le 16e arrondissement [de Paris], il y a quelques années."
"Le pyromane, c'est presque l'inverse, poursuit Pierre Lamothe. Le pyromane souhaite rester inconnu, il agit sous cape et il met le feu à quelque chose qui n'a pas de signification pour lui. En principe, il ne cherche pas à blesser ou tuer."
Avec son suffixe -mane, le pyromane relève d'une addiction "comme pour un toxicomane", rappelle le spécialiste. De plus, "l'état second dans lequel ils agissent" dépasse souvent les auteurs et protège en quelque sorte leur conscience. Il faut donc effectuer un "travail de prise de conscience en psychothérapie". Face à quelqu'un qui est dans le déni complet, on tente de parler de "celui qui a fait ça", raconte le docteur, et un jour, parfois, on entend : "Ben, celui qui a fait ça, c'était moi."