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Actualité : James-Webb révèle une météo invraisemblable : pluie de rubis et saphirs, vents à 18 000 km/h
Une météo extraterrestre digne de la science-fiction. Le télescope James-Webb a scruté l'atmosphère de l'exoplanète WASP-121 b, révélant un enfer thermique balayé par des vents à 18 000 km/h où le refroidissement nocturne déclenche d'infernales pluies brûlantes de rubis et de saphirs.
© NASA, ESA et G. Bacon (STSci) - La planète WASP-121 b, illustration d'artiste
Le James-Webb a étudié l'atmosphère de WASP 121 b, une exoplanète à 850 années-lumière.
Il y a révélé des conditions dantesques provoquant des pluies brûlantes de saphirs et de rubis.
Le contraste de température entre le jour et la nuit, de 1775 °C, provoque également des vents de 18 000 km/h.
Il y a plus de fantaisie dans l'Univers que n'en imagine la science-fiction, pourrait-on affirmer en parodiant Shakespeare. Cette nouvelle étude spectaculaire publiée sur Nature Astronomy le confirme une fois encore. Grâce au James-Webb, une équipe internationale vient de pousser un peu plus loin notre capacité à étudier la météo d'une exoplanète. Le télescope est parvenu à cartographier séparément, et en continu, l'atmosphère du matin et du soir de WASP-121 b, située à 850 années-lumière de nos terrains de football. Les résultats décrivent une météo d'une violence inouïe, digne d'une planète de Star Wars.
Nous sommes désormais capables d'étudier la météo des exoplanètes.
WASP-121 b appartient à la catégorie des “Jupiter ultra-chauds”. Cette géante gazeuse est si proche de son étoile parent qu’elle en fait le tour en seulement 30 heures. En raison de cette proximité extrême, la planète subit un verrouillage gravitationnel : elle présente toujours la même face à son étoile, comme la Lune avec la Terre. La gravité de son étoile doit également la déformer comme un ballon de rugby.
Il en résulte un contraste thermique hallucinant. La face diurne, cuite en permanence, culmine à près de 2 500 °C. À cette température, l'eau et les métaux ne sont même pas liquides, ils sont littéralement vaporisés sous forme gazeuse. Portée par des vents planétaires dantesques, cette vapeur métallique migre vers la face nocturne, plongée dans une obscurité éternelle, où le thermomètre chute brusquement aux alentours de 725 °C.
C'est dans cette zone de transition froide que la magie physico-chimique opère. Les métaux gazeux se refroidissent et se condensent. Parmi eux, les scientifiques ont identifié de grandes quantités de corindon. Or, le corindon est précisément le minéral qui compose les rubis et les saphirs sur Terre. Lorsque ces nuages métalliques se forment sur la face nocturne, ils s'alourdissent et déclenchent des précipitations.
C'est pourquoi il doit y pleuvoir littéralement des pierres précieuses à l'état liquide. Les nuances rouges ou bleues de ces gemmes dépendent des traces de fer, de titane ou de chrome, d'autres métaux également détectés en suspension dans cette atmosphère infernale.
Autant à cause de la distance que des conditions climatiques, oublions tout de suite le rêve de faire fortune en ramenant des baignoires remplies de ces saphirs et rubis.
L’étude apporte des données inédites sur la dynamique atmosphérique globale de WASP-121 b grâce à l'analyse fine des terminateurs – les frontières géographiques séparant le jour et la nuit. Le JWST a mis en évidence une asymétrie thermique colossale de 1 775 °C entre le terminateur matinal (l'aube) et le terminateur vespéral (le crépuscule).