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Incendies en Gironde: un projet de panneaux solaires devient le carburant d’une théorie du complot
Sur Tik Tok, Facebook ou X, de nombreuses vidéos affirment que les incendies du Sud Ouest n’auraient rien d’accidentel et auraient été déclenchés pour permettre l'installation d'un vaste parc photovoltaïque au sud de Bordeaux. Une théorie du complot qui se propage depuis plusieurs jours sur les réseaux.
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Depuis le début des incendies en Gironde et dans les Landes, les vidéos montrant les flammes ne sont pas les seules à devenir virales. Fin juillet, Sur TikTok, Facebook ou encore X, des publications avancent que ces feux seraient en réalité le résultat d’un "coup monté".
Les théories sont nombreuses : certaines évoquent de futurs projets immobiliers, d’autres des intérêts économiques cachés. Mais l’une d’elles revient avec insistance : les incendies auraient été provoqués pour installer des panneaux solaires. Certaines vidéos, vues plusieurs centaines de milliers de fois, assurent ainsi que "ce qui arrive en Gironde n’a rien d’une catastrophe" et invitent les internautes à "faire leurs propres recherches"." Vous avez peut-être entendu parler du projet Horizeo, projet porté par Engie et Neoen depuis 2022. Ce projet prévoit d’installer le plus grand parc solaire de France au sud de Bordeaux. Sauf que pour le faire, il faut défricher plus de 680 hectares de forêt dans les Landes", raconte un internaute dans une vidéo TikTok, publiée jeudi 30 juillet.
On prend vraiment les gens pour des débiles ! Les incendies exactement dans les zones prévues pour le photovoltaïque Ben tiens ! pic.twitter.com/VjJWy5Odzr
Si cette rumeur séduit autant, c’est parce qu’elle s'appuie sur un fait réel. Le projet Horizeo, porté par Engie et Neoen, prévoit bien l’installation d’une vaste centrale photovoltaïque sur la commune de Saucats, au sud de Bordeaux. L'idée existe depuis plusieurs années et nécessite effectivement le défrichement d’une importante surface forestière. Certains internautes font donc un rapprochement et affirment que les incendies auraient été provoqués pour libérer les terrains. Or, à ce stade, rien ne permet d’établir un lien entre les deux. Les cartes du programme européen Copernicus montrent d’ailleurs que la zone concernée par le projet Horizeo n’a pas été touchée par les flammes.
Ce type de récit n’a rien de nouveau. Après les incendies de Maui, à Hawaï, en 2023, puis ceux de Los Angeles en 2025, des théories similaires avaient déjà circulé sur les réseaux sociaux. À chaque catastrophe, le décor change, mais le scénario reste quasiment identique : des entreprises, des milliardaires ou des États sont accusés d’avoir organisé les incendies pour servir leurs propres intérêts.
Les catastrophes laissent souvent beaucoup de questions sans réponse. Quand des milliers d’hectares partent en fumée ou que des habitants perdent leur maison, beaucoup cherchent une explication immédiate. Les théories du complot répondent à ce besoin en proposant un récit simple : elles désignent un responsable, là où la réalité est souvent beaucoup plus complexe.
Les réseaux sociaux renforcent aussi leur propagation. Les contenus qui provoquent de fortes réactions, colère, indignation, tristesse ou peur, génèrent davantage de commentaires et de partages, ce qui leur permet d’être mis en avant par les algorithmes.
Face à ce type de vidéos, plusieurs réflexes peuvent aider. D’abord, se méfier des contenus qui prétendent révéler "ce que les médias vous cachent" ou qui accusent un responsable sans apporter de preuves vérifiables. Ensuite, distinguer les faits des interprétations. Qu’un projet photovoltaïque existe est un fait. En conclure qu’il est à l’origine des incendies est une affirmation qui, à ce jour, n’est étayée par aucun élément.