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Votre VPN fonctionne, mais les pages ne chargent plus ? Ce paramètre réseau méconnu peut tout expliquer
Le tunnel est bien établi, mais les sites moulinent, les téléchargements s’interrompent et les applications ne répondent qu’à moitié. En cause, pas forcément le serveur VPN ni même la qualité de votre connexion Internet, mais un paramètre dont vous n’avez peut-être jamais entendu parler : la MTU.
Votre VPN affiche fièrement « connecté », votre adresse IP a bien changé et les premières pages s’affichent sans problème. Pourtant, dès que vous ouvrez un site un peu lourd, envoyez une pièce jointe ou lancez un téléchargement, tout commence à laguer. Le serveur n’est pas forcément saturé et votre connexion n’est pas nécessairement trop lente. Le tunnel peut simplement tenter de faire passer des paquets trop volumineux pour le réseau emprunté.
Lorsque vous consultez un site ou téléchargez un fichier, les données ne circulent pas sur Internet d’un seul bloc. Elles sont découpées en petits paquets, puis envoyées les unes après les autres jusqu’à leur destination.
Chacun de ces paquets doit respecter une taille maximale pour circuler sans être fragmenté ou rejeté. C’est ce qu’on appelle la MTU, pour Maximum Transmission Unit. Sur une connexion Ethernet, elle est généralement fixée à 1 500 octets, mais cette limite peut être plus basse selon le type de réseau, le fournisseur d’accès ou les équipements rencontrés en chemin.
Quand on utilise un VPN, on complique encore les choses. Avant leur départ, les paquets sont chiffrés puis encapsulés avec les informations nécessaires au fonctionnement du tunnel, ce qui augmente nécessairement leur taille totale. Un paquet qui passait juste sous la limite sans VPN peut donc devenir trop gros une fois protégé.
En temps normal, l’ordinateur et le client VPN déterminent automatiquement la taille maximale acceptée sur le trajet, notamment grâce au Path MTU Discovery, ou PMTUD. Lorsqu’un équipement ne peut pas transmettre un paquet trop volumineux, il prévient l’expéditeur, qui doit alors en renvoyer un plus petit. Mais si ce message est filtré, perdu ou mal interprété, le système se grippe : le PC continue d’envoyer des paquets que le réseau ne peut pas transmettre. Les plus petits circulent normalement, tandis que les plus volumineux disparaissent en chemin.
La panne est donc particulièrement trompeuse. Le VPN se connecte, le DNS répond et les pages commencent à s’afficher, puis la connexion ralentit ou se bloque dès que des paquets plus volumineux doivent circuler. Le réflexe est alors d’incriminer le serveur VPN, alors que le problème peut simplement provenir d’une MTU mal ajustée.
Il n’existe pas de test simple permettant d’attribuer avec certitude les blocages à la MTU. Quelques vérifications peuvent toutefois aider à déterminer si le problème dépend de la taille des paquets ou du trajet emprunté par le tunnel.
Commencez par désactiver le VPN, puis rechargez la page ou relancez l’opération qui bloquait. Reconnectez ensuite le tunnel et recommencez. Si le problème apparaît uniquement avec le VPN, celui-ci est bien impliqué, même si la MTU n’est pas forcément responsable.
Changez ensuite de serveur en restant dans le même pays. Le trafic empruntera un autre itinéraire, avec des équipements et des limites qui peuvent varier. Si la connexion fonctionne à nouveau, le chemin suivi pour atteindre le premier serveur peut être en cause.