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Voici la stupéfiante découverte faite par des chercheurs dans des latrines romaines vieilles de 1 800 ans
Les maladies infectieuses dues aux vers parasites ont, pour la plupart, disparu des pays d'Europe. Mais ce ne fut pas toujours le cas. Il y a quelques siècles, ces parasitoses faisaient des ravages chez nos voisins anglais.... Lire la suite
Des chercheurs ont trouvé des traces d’ADN mitochondrial provenant du parasite Plasmodium, responsable du paludisme, sur des squelettes datant de la Rome antique. La maladie transmise par des moustiques est toujours un fléau dans le monde, 2.000 ans plus tard.... Lire la suite
Thermes sophistiqués, aqueducs, égoûts : les Romains passent pour des champions de l'hygiène. Pourtant, dans les latrines d'un fort proche du mur d'Hadrien, des sédiments vieux de 1 800 ans racontent une tout autre histoire. Celle de soldats et de leurs familles rongés par les parasites intestinaux.
Loin des batailles et des stratégies militaires, la santé quotidienne des soldats romains demeure un angle mort de l'histoire antique. Une étude publiée dans la revue Parasitology par des chercheurs des universités de Cambridge, de Colombie-Britannique et d'Oxford révèle une réalité sanitaire préoccupante au fort de Vindolanda, situé au sud du mur d'Hadrien, en Grande-Bretagne romaine.
En analysant les sédiments du système d'évacuation des latrines du IIIe siècle, l'équipe a mis en évidence des parasites intestinaux transmissibles par l'eau ou les aliments contaminés.
Les chercheurs ont étudié 58 échantillons de sédiments prélevés dans le principal drain de latrines du fort. La structure jouxtait un complexe thermal bien documenté, alimenté par un aqueduc, et reposait sur un sol sujet aux remontées d'eau, ce qui rendait le drainage indispensable.
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Les prélèvements, effectués sur toute la longueur du drain, ont été soumis à des analyses microscopiques pour détecter des œufs d'helminthes, autrement dit de vers intestinaux, ainsi qu'à un test immunologique destiné à repérer d'éventuels protozoaires. Une méthode qui a permis de concentrer les matières organiques de sédiments parfois vieux de plus de 1 800 ans.
Malgré le génie romain et la sophistication des infrastructures romaines, cela n'a pas suffi à protéger efficacement la population des dangers sanitaires liés à l’eau et aux déchets. © Peter Unger, iStock
Le verdict est sans appel. Les scientifiques ont identifié deux types de vers : Ascaris, des vers ronds, présents dans 22 % des échantillons, et Trichuris, les trichures, dans 4 % des cas. Un seul échantillon contenait les deux espèces simultanément. Un test positif a par ailleurs révélé la présence de Giardia duodenalis, un protozoaire transmissible par l'eau contaminée, et il s'agit de la première détection archéologique confirmée de ce parasite en Grande-Bretagne.