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Dolby Vision encore coupé sur Disney+ : ce que révèle le bras de fer avec InterDigital
Ce 17 juin, plusieurs abonnés français l’ont à nouveau constaté : les mentions Dolby Vision ont disparu des fiches programmes de Disney+, alors que le format avait partiellement fait son retour après un premier retrait en début d’année. Le service reste proposé en 4K HDR, mais se limite désormais au HDR10 statique, là où les formules Premium mettaient en avant, jusqu’ici, un support Dolby Vision et HDR10+.
Ce va‑et‑vient donne l’impression d’un simple ajustement technique alors qu’il est en réalité la conséquence d’un différend plus profond entre Disney et la société de R&D InterDigital.
Pour bien comprendre la disparition du Dolby Vision sur Disney+, il faut s’intéresser à Interdigital que nous avons pu interroger sur ce « problème ». En effet, cette société basée notamment à Rennes, Londres et en Amérique du Nord, se définit comme une entreprise mondiale de recherche et développement spécialisée dans les technologies sans fil, la vidéo et l’IA, avec environ la moitié de ses effectifs constituée de chercheurs et d’ingénieurs et près d’un milliard de dollars investis en R&D sur les cinq dernières années.
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Elle revendique des contributions majeures aux standards qui structurent l’audiovisuel et les télécoms : 3GPP pour les réseaux mobiles (de la 2G à la future 6G), MPEG et ITU pour la vidéo (avec le développement des codecs AVC H.264 puis HEVC H.265), IEEE pour le Wi‑Fi, ainsi que des brevets couvrant le Wi‑Fi 6 et 7 présents dans la majorité des appareils connectés.
Dans la vidéo, InterDigital aime rappeler qu’un film 4K de deux heures représente environ 12 téraoctets non compressés, ramenés à quelque 14 gigaoctets grâce à la compression HEVC – sans laquelle le streaming grand public n’existerait tout simplement pas.
Selon InterDigital, l’histoire avec Disney commence en 2022, lorsque la société approche le groupe pour négocier une licence couvrant les technologies mises en œuvre dans Disney+. Après plus de deux ans de discussions bilatérales infructueuses, InterDigital engage en février 2025 plusieurs actions en contrefaçon de brevets, aux États‑Unis, en Allemagne, au Brésil et devant la Juridiction unifiée du brevet. Depuis, l’entreprise affirme avoir obtenu cinq injonctions à son avantage, émanant de tribunaux allemands et brésiliens.
Disney a construit un service de streaming premium qui utilise des technologies inventées par nos ingénieurs.
Au Brésil, un expert indépendant mandaté par le tribunal aurait conclu que Disney enfreint deux brevets d’encodage AVC et HEVC. InterDigital résume le différend d’une formule : « Disney utiliserait des technologies couvertes par ses brevets, sans avoir pris la licence proposée ».
Plutôt que d’entrer dans le détail de chaque titre de propriété, InterDigital préfère parler de trois grands blocs technologiques au cœur du litige. D’abord, la compression vidéo qui permet de diffuser des vidéos de haute qualité sur Internet. Ensuite, le HDR et enfin une technique de superposition dynamique d’un flux vidéo sur un autre, utilisée notamment pour afficher des sous‑titres ou des habillages graphiques par‑dessus l’image principale. En Allemagne, l’une des injonctions viserait un brevet HDR, l’autre cette technique de superposition.