// FRANCEINFO FAITS DIVERS — CRONACA
Plus de 200 carpes koï dérobées dans l'Oise, le préjudice dépasse les 80 000 euros
Pour sauvegarder cet article, connectez-vous ou créez un compte franceinfo
Adressez vos remarques à
Jérôme Cathala
Un cambriolage rarissime et assez stupéfiant a eu lieu dans l'Oise : un vol de carpes. Les poissons ont été dérobés au sein d'une pisciculture à Cauffry. Ces poissons très précieux, sélectionnés au Japon, devaient être revendus en France. Le montant du préjudice est estimé à plus de 80 000 euros.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Yoann Pierdet peine encore à y croire. Sous sa serre, ses bassins sont désormais quasi vides. En une nuit, de jeudi à vendredi 31 juillet, 234 poissons, des carpes koï, ont été volés. "Ils ont pris dans tous les bacs qui se trouvent dans cette serre. Ils ont pioché des carpes koï avec notre matériel certainement, nos épuisettes. Ils ont pu dérober dans certains bacs quasiment la totalité des poissons", explique le patron de la société "Aquakoï France".
Le pisciculteur avait patiemment constitué son élevage, que l'on voit sur des images avant le vol. Importées du Japon, certaines de ces carpes koï grandissaient ici depuis des années. Le préjudice estimé est de 83 000 euros. "Vous ne pouvez pas les consommer, ce n'est pas la peine. Ce sont uniquement des poissons d'ornement qui sont choisis pour leur beauté, les couleurs et pour l'attraction du public", souligne Yoann.
Les voleurs ont garé leur fourgon le long d'une route, avant de filer sous la serre et passer plusieurs heures à récupérer les poissons. "Une fois qu'ils sont arrivés là, ils nous ont déchiré la bâche de serre. Ils sont rentrés, ils ont longé les bassins, et puis après, ils ont été dans les bacs où il y avait les poissons qui les intéressaient", montre Yoann. Mais qui peut être derrière ce cambriolage, en apparence surprenant ? "Ça peut être tout le monde, en fait, c'est ça le problème. Des gens qui connaissent le milieu de la carpe koï, en tout cas", pointe le professionnel.
Car la carpe koï n'est pas un poisson comme un autre. C'est un spécimen très prisé qui, selon sa taille, son origine et sa qualité génétique, peut valoir plusieurs centaines de milliers d'euros pièce. "Un trafiquant d'animaux, il sait exactement à qui il va les écouler. On n'a pas affaire à des gens qui interviennent comme ça, sans savoir, juste parce qu'il y a un peu de pognon à se faire. On est sur des schémas et sur des organisations qui sont extrêmement bien huilées", analyse Jerôme Pensu, spécialiste de la faune sauvage française.
Le pisciculteur n'avait aucun système de vidéosurveillance. L'enquête des gendarmes se poursuit grâce à l'analyse des caméras présentes sur la route et dans la commune.
Vous pouvez désormais privilégier l'affichage des articles de franceinfo dans les résultats de recherche Google. Comment ça marche ?