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La Grèce face à une nouvelle crise majeure d'incendies
Le pays lutte contre des feux qui ont déjà détruit des milliers d'hectares et ravagé plusieurs centaines d'habitations. Alors que la chaleur renforce le risque, les experts appellent à repenser la gestion des territoires au-delà du seul changement climatique.
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La Grèce lutte, pour la deuxième semaine consécutive, contre des incendies qui ont déjà ravagé des milliers d'hectares de forêts, de maquis et de terres agricoles. La hausse des températures attendue mercredi 5 août, avec des pointes jusqu'à 37 °C, risque de compliquer encore un peu plus la situation.
En Grèce, le gigantesque feu reprend près d'Athènes malgré des moyens humains et aériens importants
Malgré la baisse des rafales de vent, lundi 3 août, et l'entrée en action d'une dizaine de bombardiers d'eau, le feu est reparti. Avec la hausse des températures attendue, les forêts vont devenir encore plus inflammables.
Dans la localité de Porto Germeno, à une soixantaine de kilomètres à l'ouest d'Athènes, entre mer et montagnes aux flancs désormais calcinés, plus de 250 maisons ont été détruites. Des évacuations ont été ordonnées dans la zone, en direction de Megara, une ville de 20 000 habitants située plus au sud. Les flammes se rapprochent dangereusement de sa zone industrielle.
Selon plusieurs spécialistes, ces incendies pourraient être qualifiés de "mégafeu", même si ce terme ne fait l'objet d'aucune définition scientifique et que son usage varie selon les pays. Aux États-Unis, par exemple, on parle généralement de mégafeu au-delà de 10 000 hectares brûlés.
En pleine saison touristique, le risque de départ de feu reste "très élevé" dans la région d'Athènes, classée au niveau 4 sur une échelle de 5.
Selon les spécialistes, il s'agit sans doute de la pire crise liée aux incendies qu'ait connue la Grèce depuis une dizaine d'années. Il faudra toutefois attendre la fin de la saison pour établir des comparaisons précises, tant en termes de surfaces brûlées que de nombre de foyers d'incendie.
Interrogé par l'AFP, Théodore Giannaros, météorologue à l'Observatoire national grec, estime qu'il est néanmoins trop facile d'attribuer la responsabilité de ces incendies au seul changement climatique. Selon lui, la situation en Grèce, comme dans d'autres pays européens, révèle également des défaillances dans la gestion des terres. Il rappelle que le pays a longtemps négligé ses espaces ruraux et forestiers, la crise climatique ne faisant qu'aggraver une situation déjà fragile.