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"On voit uniquement les médecins et les infirmières une dizaine de minutes par jour", témoigne un couple qui a été placé en quarantaine stricte
En mai 2026, Julia et Roland Seitre font partie des passagers du navire de croisière MV Hondius touché par des cas d'hantavirus. Après trois décès à bord et une vague d'inquiétude mondiale, ils sont placés en quarantaine stricte pendant 42 jours à l'hôpital Bichat. Quelques mois plus tard, le couple revient sur cette expérience et les conditions de cet isolement.
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Le 10 mai 2026, Julia et Roland Seitre entrent à l'hôpital Bichat, à Paris. Ils y passeront 42 jours en quarantaine stricte. Tous deux faisaient partie des 175 passagers du navire de croisière MV Hondius. C'est à bord de ce bateau que se sont déclaré les premiers cas d'hantavirus, une maladie qui fera trois morts parmi les passagers et provoquera un vent de panique à travers le monde.
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Depuis leur chambre d'hôpital, le 11 juin 2026, Roland racontait les conditions de vie du couple : "On ne voit personne, on voit uniquement les médecins et les infirmières une dizaine de minutes par jour. Pour le reste, on est entre-soi."
Le 22 juin 2026, Julia et Roland Seitre peuvent enfin regagner leur maison, à la campagne, près de Tours. Leur quarantaine est terminée. Ils ne sont pas malades, mais ils gardent forcément des traces, après cet isolement forcé.
"Évidemment, quand on est entre quatre murs et qu'on a 20-25 mètres carrés à deux à partager, on fait un peu des loopings comme un hamster."
Pour le couple, à certains égards, cette expérience a aussi été une épreuve psychologique, d'autant que la quarantaine ne devait initialement pas se dérouler ainsi. "Quand on était encore sur le bateau, la ministre nous a appelés personnellement pour nous dire : 'Vous serez confinés trois jours à l'hôpital, le temps que l'on réalise les tests nécessaires pour déterminer si vous êtes malades ou si, éventuellement, vous êtes porteurs du virus. Ensuite, vous irez effectuer votre quarantaine chez vous.' Ça ne s'est pas du tout passé comme ça", explique Roland Seitre.
Le couple garde un souvenir amer de cette promesse qui n'a pas été tenue par le ministère de la Santé. Pendant leur confinement, ils ont d'ailleurs déposé un recours en justice pour pouvoir terminer leur quarantaine à domicile, mais ils n'ont pas été entendus. "C'était un peu la dernière chance, parce qu'auparavant, on avait tenté de joindre les ministères et de faire réévaluer la situation, comme le décret ministériel le prévoyait, en fonction de l'évolution épidémiologique. Nous voyions parfaitement que le reste de l'Europe et du monde se trouvait dans des conditions différentes", raconte Julia.
"On s’occupe de vous, mais en réalité, on vous surveille alors que vous n'êtes pas malades. Il y avait derrière cela une forme d'aberration."