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« 150 000 à 200 000 unités par an » : usine de 29 000 m² et cadre de vélo injecté en trois minutes, l’ambitieux plan de réindustrialisation de Rebirth
Nous avons rencontré Grégory Trebaol, patron de Rebirth, à la mi-juin, dans les locaux du groupe à Paris pour une entrevue de deux heures. L’occasion d’échanger sur les projets industriels de l’entreprise, ses futurs investissements et la fameuse technologie de cadre thermoplastique que la société souhaite à terme exploiter.
Notre dossier en 3 volets sur la feuille de route commerciale et industrielle de Rebirth :
Rebirth exploite aujourd’hui deux sites de production : Saint-Lô, dans la Manche, où il est implanté depuis treize ans mais où il est menacé d’expulsion par l’agglomération, et Romilly-sur-Seine, dans l’Aube, l’usine historique de Peugeot Cycles reprise en octobre 2024 avec Cycleurope. C’est ce second site qui concentre les investissements futurs, avec un bâtiment neuf dont le permis a été déposé en février 2026.
La décision de reconstruire plutôt que de rénover a été prise dès la reprise. « L’usine est une passoire thermique, donc il faut reconstruire un site », nous résume le dirigeant, qui présentait cette condition comme l’un des trois axes du programme de retournement engagé fin 2024, aux côtés du renouvellement du marché La Poste et de la nouvelle licence Peugeot.
Grégory Trebaol nous déroule ensuite le calendrier du projet. « Pendant un an, on a préparé cette usine », indique-t-il, en détaillant les étapes : « Le permis, déposé en février, sera purgé le 22 juillet. Le terrassement et le démarrage de la construction sont prévus en octobre 2026. La livraison est prévue en novembre ou décembre 2027, donc dans moins de dix-huit mois. » Le projet porte sur 29 000 m² de construction et sur l’achat du terrain.
Le site doit accueillir « deux cabines de peinture, liquide et poudre, pour apporter des services à tout le monde, dans l’industrie automobile comme dans l’industrie du cycle ». Sur les volumes visés, le dirigeant estime que la « capacité de production sera d’environ 150 000 à 200 000 unités par an ». Le démarrage sera plus modeste : « À l’ouverture, l’objectif est de tendre vers 80 000 à 100 000 unités. »
« C’est pour cela qu’on suit actuellement un axe très fort de relance de Peugeot. Toutes ces marques vont constituer un agrégat de volumes de production nécessaire pour démarrer immédiatement cette usine. »
L’outil sera par ailleurs ouvert à des clients extérieurs, y compris à des marques concurrentes. « Un outil industriel doit être saturé pour bien vivre. Nos marques seront évidemment prioritaires pour éviter d’être en retard sur leurs plannings. Mais, lorsqu’un client externe s’engage, on le traite au même niveau. L’usine aura deux catégories de clients, internes et externes, mais on ne fera pas de ségrégation entre les deux. »
L’ambition affichée dépasse l’assemblage, qui reste la norme dans l’industrie française du vélo. « En 2027-2028, on exploitera un site industriel en France. Tout le monde parle d’assemblage, mais on va sortir de ce seul registre : on fabriquera les roues, on fera la peinture, etc. On remonte donc dans la chaîne de valeur. » La fabrication de cadres en aluminium en France reste toutefois hors de portée à court terme : « Je ne dis pas que c’est impossible, car rien n’est impossible lorsqu’on dispose des fonds. Mais installer une fonderie d’aluminium, produire les tubes, les découper et fabriquer le cadre demandent du temps. »
La question de l’avenir du site normand se pose à mesure que Romilly monte en puissance. Le groupe y est par ailleurs en conflit avec la communauté d’agglomération, dont il a cessé de verser les loyers, qu’il séquestre en attendant le règlement d’un litige sur une TVA de 800 000 euros. Aujourd’hui, Rebirth est menacé d’expulsion par l’agglomération.