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Actualité : "Qu'est-ce que Google fabrique ?": l'IA intégrée à Google Earth a totalement déraillé en moins de 24 heures
Une Tour Eiffel effondrée, des chars russes à Kyiv, une centrale nucléaire en Iran : tout a été fabriqué en quelques secondes dans Google Earth grâce à l'IA, sur de vraies images satellites. Google a retiré l'outil en moins de 24 heures.
© BBC Verify / Google - Une Tour Eiffel effondrée, générée par l'IA de Google Earth en quelques secondes à partir d'une simple phrase. L'image repose sur de vraies données satellites, ce qui la rend d'autant plus crédible.
Le 30 juillet 2026, Google lance discrètement une nouvelle fonctionnalité dans la version web de Google Earth : un bouton "Create image" alimenté par Nano Banana 2, son modèle de génération d'images (techniquement Gemini 3.1 Flash Image). Le principe : zoomer sur n'importe quel lieu de la planète, taper une phrase, et voir apparaître en quelques secondes une image générée par IA superposée aux vraies données satellites, aériennes et 3D de Google.
Google présentait l'outil comme un moyen de "visualiser l'histoire, créer des plans immobiliers et plus encore". En quelques heures, journalistes, chercheurs en désinformation et experts OSINT (renseignement en sources ouvertes) ont démontré tout autre chose.
Henk van Ess, chercheur néerlandais spécialisé en OSINT et expert en désinformation par l'IA, a été le premier à tirer la sonnette d'alarme. Sur son blog Substack, il a détaillé ce qu'une seule phrase tapée dans Google Earth produisait : une centrale nucléaire fictive en territoire iranien, un camp de réfugiés à la frontière mexicaine, un hôpital avec un cratère de bombe à Gaza, un accident mortel dans une rue d'Amsterdam. Le tout incrusté sur les vraies images satellites de Google.
Mais qu'est-ce que Google fabrique ? J'ai tapé une seule phrase dans Google Earth et j'ai placé des réfugiés près de la frontière mexicaine. Puis j'ai planté une centrale nucléaire en Iran. Puis j'ai mis un accident mortel dans une rue d'Amsterdam. Les vraies images satellites de Google en dessous des trois.
BBC Verify, le service anti-désinformation de la BBC, a ensuite produit ses propres scénarios : une Tour Eiffel effondrée, la Grande Pyramide de Gizeh engloutie par un gouffre, des chars russes dans les rues de Kyiv. L'AFP a généré des explosions à Paris et un camp d'entraînement de Daech en Syrie. NPR a fabriqué une image de Washington submergée par les eaux et d'incendies sur le terminal pétrolier de l'île de Kharg, en Iran, un site stratégique dont la destruction réelle constituerait un événement géopolitique majeur.
La Grande Pyramide de Gizeh engloutie par un gouffre fictif, générée par le même outil. Les marqueurs Google Maps et les noms de lieux réels renforcent l'illusion.
Google avait pourtant mis en place des garde-fous. Chaque image générée portait un filigrane numérique SynthID, lisible via l'application Gemini ou Google Lens. Le système était censé bloquer les contenus dangereux. Les images ne s'affichaient pas dans Google Earth pour les autres utilisateurs.
Aucune de ces protections n'a tenu. BBC Verify a contourné les filtres de contenu en reformulant ses requêtes. Le service de détection d'IA Hive a analysé des enregistrements d'écran des images générées et les a classées comme ayant seulement 1 % de probabilité d'être artificielles. Le filigrane SynthID, invisible à l'œil nu, disparaissait dès qu'un utilisateur faisait une simple capture d'écran et la partageait sur les réseaux sociaux.