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Nuits bleues, années de plomb et démilitarisation… Depuis cinquante ans, le FLNC oscille entre violence radicale et tentatives de trêves
Le Front de libération nationale corse a été créé il y a cinquante ans, dans la nuit du 4 au 5 mai 1976.
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Il était silencieux depuis deux ans. Le Front de libération nationale corse (FLNC) rejette le projet d'autonomie et menace : "Restez chez vous", lance le groupuscule à ceux qu'il considère comme étrangers. Le projet de réforme de la Constitution, adopté au début de l'été, à l'Assemblée nationale est qualifié de mascarade. Le FLNC dénonce la "colonisation" des Français. Un vocabulaire qu'on retrouve déjà dès sa création, il y a cinquante ans.
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Une création spectaculaire, dans la nuit du 4 au 5 mai 1976, une vingtaine d'explosions secouent la Corse, Nice et Marseille. Le lendemain, des milliers de tracts sont retrouvés dans les décombres. Ils annoncent la naissance du FLNC, fusion entre plusieurs mouvements nationalistes et indépendantistes. Les journaux télévisés s'en font l'écho. "À Marseille, la nuit dernière, un attentat non revendiqué a endommagé la porte du palais de justice. Mais c'est surtout en Corse que les explosifs ont fait des dégâts. C'est un triste record, il y a eu 16 attentats sur l'île et tous ces attentats viennent d'être revendiqués par un nouveau mouvement clandestin : le FLNC", peut-on entendre dans le JT de 13 heures sur TF1 le 5 mai 1976.
C'est la première d'une longue série de ce qu'on va appeler les "nuits bleues". Un an après sa création, le FLNC publie son Petit livre vert. Premier manifeste politique, il dénonce déjà la "colonisation de peuplement" des Français qui viennent s'installer en Corse. Document remplacé, quelques années plus tard, par son Livre blanc, plus radical. Le front dévoile sa stratégie pour obtenir l'autodétermination : lutte armée, lutte de masse et lutte institutionnelle.
Les décennies qui suivent sont marquées par une reconnaissance progressive d'un statut particulier pour la Corse en 1982, mais le FLNC le qualifie de "piège" et le rejette, un peu comme il le fait à nouveau aujourd'hui sur la procédure d'autonomisation de la Corse. Dans le même temps, le mouvement monte en puissance et en violence.
À l’époque, en 1982, il fait une nouvelle "nuit bleue", 110 attentats en quelques heures. Il intensifie ses opérations de plasticage, venge violemment la mort de Guy Orsoni.
Mais le FLNC cherche, en parallèle, une crédibilité politique. Il crée des partis, qui ont contribué à l'expansion des idées nationalistes en Corse. L'un d'eux, le Mouvement corse pour l'autodétermination, parvient à faire élire trois personnes dans l'assemblée régionale corse en 1984.
Mais des scissions éclatent au sein du mouvement, s'ensuit une guerre fratricide qui fera une trentaine de morts. Ce qu'on appelle "les années de plomb". La violence politique sur l'île culmine en 1998, avec l'assassinat du préfet Erignac. Les attentats continuent bien qu'ils soient de plus en plus critiqués, même en Corse. Le mouvement en a revendiqué 4 500 depuis sa création.