// FUTURA SCIENCES — SPAZIO & SCIENZA
25 ans, une bascule : comment deux satellites ont rendu la fonte des glaces et la montée des eaux visibles pour tous
Les dernières données satellitaires concernant la fonte des glaces en Antarctique montrent que le processus est plus complexe que ne le pensaient les climatologues. Alors qu’une partie du « paradis blanc » de Michel Berger est restée stable, une autre fond à un rythme accéléré.... Lire la suite
La gravimétrie est une méthode géophysique qui a pour objectif la mesure de l’intensité de la pesanteur. L’étude de ses variations donne des informations sur la répartition des masses en profondeur et permet de mieux comprendre la structure de la croûte terrestre.... Lire la suite
Depuis vingt-cinq ans, Futura raconte les grandes avancées scientifiques qui changent notre compréhension du monde. Parmi elles, une mission spatiale discrète a profondément transformé les sciences de la Terre. En « pesant » notre Planète depuis l'espace, les satellites Grace ont apporté dès 2002 des preuves inédites de la fonte des glaces, de l'épuisement des ressources en eau et des effets du changement climatique. Une révolution silencieuse qui continue d'éclairer la recherche aujourd'hui.
Au début des années 2000, le changement climatique d'origine humaine fait déjà l'objet d'un solide consensus scientifique. Pourtant, il reste encore relativement abstrait pour le grand public.
Lorsque le troisième rapport du Giec est publié en 2001, il conclut qu'il est probable que l'essentiel du réchauffement observé depuis le milieu du XXe siècle soit dû aux émissions de gaz à effet de serre. Malgré cela, ce consensus demeure peu médiatisé et le débat est souvent présenté comme une opposition entre partisans de l'origine anthropique du réchauffement et défenseurs d'une variabilité naturelle du climat.
Les dernières données satellitaires concernant la fonte des glaces en Antarctique montrent que le processus est plus complexe que ne le pensaient les climatologues. Alors qu’une partie du « paradis blanc » de Michel Berger est restée stable, une autre fond à un rythme accéléré.... Lire la suite
Pourtant, les indices scientifiques s'accumulent. Les satellites lancés dans les années 1990 permettent en effet déjà de mesurer la température des océans, l'étendue de la banquise, la couverture végétale et nuageuse... Mais les chercheurs manquent encore de mesures globales, physiques et quantitatives permettant de mieux contraindre leurs modèles climatiques, comme la perte de masse des calottes polaires, par exemple. Et c'est là que la mission Grace va marquer un tournant majeur.
En 2002, la Nasa et l'agence spatiale allemande lancent un couple de satellites. La mission est baptisée Grace, pour Gravity Recovery and Climate Experiment. Elle inaugure une approche totalement différente : au lieu de réaliser de simples observations de la Terre, les deux satellites qui fonctionnent en tandem vont en effet mesurer l'évolution temporelle de la répartition des masses terrestres grâce aux variations du champ de gravité.
La gravimétrie est une méthode géophysique qui a pour objectif la mesure de l’intensité de la pesanteur. L’étude de ses variations donne des informations sur la répartition des masses en profondeur et permet de mieux comprendre la structure de la croûte terrestre.... Lire la suite
En mesurant avec une très grande précision, de l'ordre du micromètre, la distance qui les séparent, les deux satellites de Grace peuvent en effet détecter d'infimes variations du champ gravitationnel terrestre. Or, il faut le rappeler, celui-ci dépend directement de la distribution des masses sur et à l'intérieur de la Terre. L'analyse des données de Grace va donc apporter d'importantes informations sur l'évolution de l'hydrosphère et de la géosphère.