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Actualité : ISS : un face-à-face sous haute tension entre la Nasa et la Russie autour d’une fuite inquiétante
Une opération de réparation menée par Roscosmos a provoqué un sérieux désaccord avec la Nasa, début juin. Craignant un risque majeur pour l’intégrité de la Station spatiale internationale, l’agence américaine a demandé à plusieurs astronautes de se réfugier dans une capsule Dragon. Un épisode révélateur des difficultés croissantes liées au vieillissement de l’ISS.
© Sergey Kud-Sverchkov / TASS - Le cosmonaute russe Sergueï Koud-Svertchkov en pleine sortie extravéhiculaire. Moins d'une semaine plus tard, un désaccord majeur éclatait entre la Nasa et Roscosmos concernant les réparations du module Zvezda.
Alors que la Station spatiale internationale approche progressivement de la fin de son exploitation prévue, les opérations de maintenance prennent une importance croissante. Début juin, une intervention envisagée dans le segment russe a donné lieu à un désaccord suffisamment marqué entre la Nasa et Roscosmos pour que l'agence américaine place plusieurs astronautes en posture de sécurité dans une capsule Dragon amarrée à la station.
Le module de service russe Zvezda photographié en orbite. Sa partie arrière (en bas sur l'image), où se situe le compartiment PrK, est désormais au cœur des discussions de fin de programme de l'ISS.
À l'origine de cet épisode se trouve une fuite d'air détectée depuis plusieurs années dans une section du module russe Zvezda. Malgré les inspections, les analyses et les réparations successives, le problème continue de préoccuper les équipes chargées du suivi de l'ISS.
Le compartiment concerné est le tunnel de transfert PrK, une courte section pressurisée reliant le module Zvezda à un port d'amarrage situé à l'arrière de la station. Des pertes d'air y sont observées de manière intermittente depuis 2019. Avec le temps, cette anomalie est devenue l'un des dossiers techniques les plus sensibles du segment russe.
Vue 3D du module russe Zvezda indiquant l'emplacement exact du tunnel de transfert PrK, zone critique touchée par la fuite d'air.
Au cours de la semaine, la fuite s'est brusquement aggravée, son débit ayant doublé pour atteindre un niveau critique. Le 5 juin, les discussions autour d'une nouvelle intervention ont alors pris une tournure inhabituelle. Selon plusieurs responsables interrogés sous couvert d'anonymat par Ars Technica et The Register, la Nasa et Roscosmos défendaient des approches différentes concernant les travaux à mener dans le compartiment concerné.
Nous estimions qu’il existait une forte probabilité qu’un incident grave survienne si ce support structurel était scié.
D'après les informations recueillies par nos confrères, les équipes russes envisageaient notamment de retirer un support métallique à l'aide d'une scie. Une autre procédure reposait sur un dispositif de perçage destiné à intervenir directement sur la structure du module. Ces éléments n'ont pas été confirmés publiquement par la Nasa ou Roscosmos, qui sont restées discrètes sur le contenu précis de leurs échanges.