// FUTURA SCIENCES — SPAZIO & SCIENZA
Un nouveau danger des microplastiques : pourquoi les océans pourraient moins bien freiner le réchauffement
Parmi les pions avancés par la géoingénierie, il y a celui de la capture et du stockage géologique de carbone (CSC). Des technologies existent en effet pour capter le CO2 émis notamment par nos industries et l’injecter dans les sous-sols. Pierre Toulhoat, récemment retraité de son poste de directeur scientifique du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) et membre de l’Académie des Technologies, en décrypte pour nous les principaux enjeux.... Lire la suite
Notre atmosphère est remplie de microplastiques et de nanoplastiques en suspension que nous respirons et buvons au quotidien. Le problème n’est pas nouveau, mais selon des scientifiques chinois, la concentration en plastique dans l'air au-dessus de nos villes a largement été sous-estimée : elle est en fait bien plus importante.... Lire la suite
Les microplastiques ne menacent pas seulement la biodiversité marine : ils pourraient aussi réduire la capacité des océans à absorber le dioxyde de carbone atmosphérique. En analysant l'impact de ces particules sur le phytoplancton, des chercheurs montrent que la pollution plastique perturbe l'un des principaux mécanismes naturels de régulation du climat terrestre. Un lien inédit entre pollution plastique et changement climatique.
Les océans jouent un rôle essentiel dans la régulation du climat, en absorbant une part importante du dioxyde de carbone émis par les activités humaines et limitant ainsi l'ampleur du réchauffement climatique. Une partie de ce CO₂ se dissout directement dans l'eau de mer, mais une autre est capturée grâce à l'activité des phytoplanctons, des organismes microscopiques.
À l'image des plantes terrestres, ces microalgues réalisent la photosynthèse. En utilisant l'énergie du Soleil, elles transforment le dioxyde de carbone dissous dans l'eau en matière organique. Elles constituent ainsi la base de nombreuses chaînes alimentaires marines tout en participant au stockage du carbone.
Parmi les pions avancés par la géoingénierie, il y a celui de la capture et du stockage géologique de carbone (CSC). Des technologies existent en effet pour capter le CO2 émis notamment par nos industries et l’injecter dans les sous-sols. Pierre Toulhoat, récemment retraité de son poste de directeur scientifique du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) et membre de l’Académie des Technologies, en décrypte pour nous les principaux enjeux.... Lire la suite
Lorsque le phytoplancton meurt ou est consommé par d'autres organismes, une fraction du carbone qu'il contient est transportée vers les profondeurs océaniques sous forme de particules organiques, qui finissent par s'accumuler dans les sédiments marins. Sur des millions d'années, ces dépôts peuvent être enfouis, compactés puis transformés en roches sédimentaires riches en carbone. Ce mécanisme constitue l'un des principaux moyens par lesquels la Terre retire durablement du carbone de l'atmosphère.
Mais ce processus pourrait être fragilisé par une pollution invisible, mais désormais présente dans l'ensemble des océans : les microplastiques.
Les effets destructeurs des microplastiques sur les organismes marins sont documentés depuis plusieurs années. De nombreuses études ont montré que ces particules peuvent perturber la croissance, la photosynthèse ou encore la reproduction de certaines espèces de phytoplancton. Les mécanismes exacts varient selon les espèces et les conditions environnementales. Les microplastiques peuvent notamment réduire la quantité de lumière disponible pour les cellules, endommager leurs membranes ou transporter des substances chimiques susceptibles d'altérer leur métabolisme.
En conséquence directe, les microalgues se développent moins efficacement et capturent moins de carbone par photosynthèse. Jusqu'à présent, il restait cependant difficile d'évaluer les conséquences de ces perturbations sur la capacité des océans à stocker le carbone.