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À Paris, huit personnes mises en examen identifiées comme appartenant à l'ultragauche et soupçonnées de préparer une action violente en Italie
Elles sont soupçonnées d’avoir préparé une action violente lors d’une manifestation contre la ligne Lyon-Turin, en Italie, où des violences ont éclaté pendant le rassemblement.
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Huit personnes, identifiées comme appartenant à la mouvance d'ultragauche, ont été mises en examen fin juillet notamment pour détention et transport en bande organisée d'engins explosifs, indique jeudi 13 août le parquet de Paris à franceinfo et France Inter, confirmant une information du Parisien. Il s'agit de six hommes et de deux femmes ayant entre 19 et 29 ans.
L'enquête a été ouverte après un signalement, le 22 juillet, émis par la préfecture de police. Ce signalement concernait un groupe appartenant à la mouvance d'ultragauche, soupçonné de préparer une action violente lors d'une manifestation contre la ligne Lyon-Turin prévue en Italie entre le 24 et le 26 juillet.
Le parquet de Paris explique que les suspects "ont été observés sur la petite ceinture, où des tunnels ont pu servir de lieux de rassemblement et d’entraînement". Sur place, "des serflex [colliers de serrage] et bouteilles en plastique vides, dont certaines étaient explosées ou attachées à des mouchoirs", ont été retrouvés, détaille le ministère public. Les personnes ont été interpellées le 23 juillet.
Toujours selon le parquet de Paris, les suspects étaient déjà soupçonnés "d'avoir participé à une manifestation contre le canal Seine-Nord, émaillée de feux de broussailles et de jets d’engins pyrotechniques en direction des forces de l’ordre". Pour rappel, le projet de canal Seine-Nord Europe, qui ne fait pas l'unanimité, doit relier la Seine aux grands ports du Nord de l'Europe. Début juillet, une manifestation a notamment eu lieu dans le Pas-de-Calais.
Les premières investigations menées ont confirmé les intentions du groupe de partir pour l'Italie mais aussi "leur participation à des rencontres 'entraînement'", ajoute le parquet. L'enquête a également permis la découverte de "21 mortiers chez l’un d’eux, ainsi que l’utilisation de certains téléphones dédiés".
Les huit personnes ont donc été mises en examen le 27 juillet pour détention et transport en bande organisée d’engins explosifs, association de malfaiteurs, et refus de donner ses codes et se soumettre aux prélèvements. Le placement en détention provisoire a été requis par le parquet mais n'a pas été sollicité par le juge d’instruction, ni prononcé par le juge des libertés et de la détention. Le parquet a donc fait appel.
Aïnoha Pascual, l'avocate d'un des mis en cause, a réagi jeudi soir sur France Inter : "Cette qualification nous paraît totalement disproportionnée. Cela fait des années qu'on constate une volonté de criminaliser notamment les mouvements sociaux. On est à l'approche de la rentrée universitaire, qui marque souvent le début de mobilisations. On envoie un signal très clair aux étudiants qui seraient tentés d'y participer."
Concernant la manifestation contre la ligne Lyon-Turin qui a eu lieu en Italie entre le 24 et le 26 juillet dernier, des milliers de manifestants se sont réunis dans le Piémont (nord-ouest de l'Italie) pour protester contre ce projet de ligne ferroviaire à grande vitesse qui suscite une forte opposition depuis son lancement il y a plus de trente ans. La mobilisation a été marquée par des violences. Le lendemain, le 27 juillet, le ministre des Transports s'était exprimé sur X pour les dénoncer.