// FRANDROID — HARDWARE & GADGET
J’ai testé un climatiseur corporel de Sony : ça marche bien contre la canicule, mais exige de réels compromis
Le marché de la ventilation portable s’est considérablement densifié ces dernières années, inondant les rayons de petits ventilateurs à main et de tours de cou. Plutôt que de brasser l’air ambiant, parfois déjà étouffant, Sony a opté depuis 2019 pour une approche différente basée sur la régulation thermique par contact. Le constructeur japonais déploie cet été la version Pro Plus de son Reon Pocket, un appareil conçu pour refroidir ou réchauffer la zone située à la base de la nuque. N’ayant pas pu tester le modèle Pro sorti l’an dernier, nous jugeons cette version pour elle-même. On a voulu savoir si l’appareil sert vraiment dans une rame bondée ou sur une marche en ville, et pas seulement sur le papier.
Le boîtier est pensé pour que la plaque reste collée à la peau, même quand on bouge. Le tour de cou, recouvert d’un silicone épais, vient se positionner sur les clavicules avec une rigidité mesurée. Le poids varie d’ailleurs selon le conduit monté : environ 259 grammes avec le modèle court, environ 270 grammes avec le réglable, d’après la fiche technique du constructeur. Si dernier peut sembler important pour un objet reposant sur la nuque, il s’équilibre correctement le long de la partie supérieure de la colonne vertébrale.
La fatigue musculaire reste contenue lors d’une marche classique, et l’ergonomie s’adapte à différentes morphologies grâce à des embouts en plastique amovibles qui modifient la longueur des bras de maintien.
Deux remarques après plusieurs jours de port. La première est franchement gênante : dès qu’on s’assoit dans un canapé ou sur une chaise à dossier haut, le boîtier vient buter contre l’assise, et il faut se pencher en avant ou décoller le dos pour rester à l’aise. La seconde joue en sa faveur : debout ou en marche, au bout de quelques heures, on finit presque par oublier qu’on le porte.
Les choix d’ingénierie montrent cependant leurs limites sur le plan de la discrétion. Une fois l’appareil placé sous un vêtement, le châssis forme une bosse prononcée dans le dos et tend le tissu au niveau du col. Le conduit d’extraction de l’air dépasse largement, ce qui le rend immédiatement visible pour les personnes autour de vous. L’idée de porter cet accessoire de manière furtive est donc à exclure.
Dans la rue, il fait tourner quelques têtes : avec ses bras de maintien posés sur les clavicules, on ressemble un peu à un humain « augmenté », version exosquelette léger. Heureusement, de face ou derrière de long cheveux, l’appareil est presque invisible.
Par ailleurs, Sony revendique une structure résistante aux éclaboussures et à la transpiration, avec un cache sur le port USB, mais sans indice IP officiel. Le constructeur précise lui-même que cette conception « n’empêche pas complètement l’infiltration de la transpiration et des gouttelettes d’eau ». Le sport intensif reste donc à éviter.
À lire aussi :
Climatiseurs : le guide complet pour bien choisir, installer et faire tourner sa clim
Ici, rien ne souffle : un module Peltier fait tout le travail. Une plaque en acier inoxydable posée contre la peau absorbe la chaleur du corps, qu’un ventilateur interne évacue ensuite par le conduit. Nos mesures confirment que le système fonctionne. Réglée sur le palier le plus élevé, la surface de la plaque descend en température en quelques secondes, soit exactement la cible que Sony s’est fixée avec son nouvel algorithme pour éviter un refroidissement excessif. Concrètement, ce froid sur la nuque change la façon dont on encaisse la chaleur. Dans une rame bondée ou un bureau surchauffé, la sensation d’étouffement recule nettement.
Côté promesse constructeur, Sony revendique des performances de refroidissement « jusqu’à 20 % » supérieures à celles du modèle précédent, et une plaque environ 2 °C plus froide en mode Smart Cool. Ces chiffres viennent des mesures internes de la marque, dont les conditions ne sont pas détaillées : ils donnent un ordre de grandeur, pas une garantie de ressenti, d’autant que le refroidissem