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"Ce courrier, c'est dur" : les policiers attendent que Laurent Nuñez prenne leur défense après la note de Gérald Darmanin sur les violences sexuelles sur mineurs
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Le ministre de l'Intérieur a annoncé jeudi qu'il allait "répondre point par point" à la note accablante adressée par le garde des Sceaux sur le traitement des violences sexuelles sur mineurs par les policiers et les gendarmes.
C'est une note qui n'en finit pas de susciter des remous au cœur de l'été. Gérald Darmanin, le ministre de la Justice, a adressé un courrier de douze pages daté du 29 juillet à Laurent Nuñez, son homologue à l'Intérieur, qui recense les "difficultés" identifiées par les parquets généraux et les parquets dans le traitement des affaires de violences sexuelles sur mineurs.
Cette note a été rédigée dans le sillage de l'affaire Lyhanna, qui a révélé des dysfonctionnements et poussé Gérald Darmanin à demander aux magistrats et aux enquêteurs de reprendre "l'intégralité des plaintes qui touchent les enfants". Le ministre de la Justice avait dressé un état des lieux, mi-juillet, et annoncé qu'il allait continuer à "échanger, un à un, avec l'ensemble des procureurs généraux pour faire le point sur leurs stocks locaux".
C'est à partir des 37 rapports que ces magistrats lui ont adressés que Gérald Darmanin a synthétisé les "difficultés rencontrées" avec les services d'enquête de la police et de la gendarmerie nationales. Procédures en "total abandon" ou "purement et simplement perdues", "stock fantôme", manque d'effectifs et de formation... La note, révélée le 8 août par Le Monde, consultée par franceinfo et publiée en intégralité vendredi 14 août par Libération, dévoile de graves défaillances.
Les "difficultés exposées" tiennent "aux effectifs, à la formation, aux outils et au pilotage, et non à la volonté des personnels de terrain", écrit Gérald Darmanin à son homologue de l'Intérieur. Néanmoins, face au constat accablant dressé dans la note et à la cascade de chiffres qui jalonne le document, Laurent Nuñez a annoncé jeudi après-midi qu'il allait "répondre point par point". Car ce courrier a suscité la colère de syndicats de policiers, qui ont accusé Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur pendant plus de quatre ans, de "trahison".
Le ministre de l'Intérieur a ensuite publié, dans la soirée de jeudi, un message plus détaillé sur le réseau social X, à l'issue du "point d'étape" réalisé autour de cette note avec les directeurs généraux de la gendarmerie et de la police. Laurent Nuñez a promis d'apporter "aux observations formulées par chaque parquet général" des "réponses argumentées". Selon lui, ce "travail permettra de rétablir certaines vérités" mais aussi de "poursuivre les efforts engagés depuis 2017".
J’ai réuni à Beauvau cet après-midi les directeurs généraux de la gendarmerie et de la police nationales ainsi que le préfet de police pour un point d’étape sur la note que m’a adressée le garde des Sceaux. Ont été examinées, sans esprit de polémique, les réponses argumentées qui… pic.twitter.com/2wMGH3b7wK
Ainsi, le ministre a avancé "la création en 2027, comme en 2026, de 700 emplois pour la filière judiciaire, si sollicitée". Cette filière est "en souffrance", a reconnu, selon l'AFP, Laurent Nuñez, lors d'un point-presse jeudi après-midi. Il a ainsi justifié son "plan de revalorisation de cette filière avec des indemnités" votées au budget 2026, "qui vont être évidemment reconduites en 2027". Une déclaration en référence au "Plan Investigation", présenté aux organisations syndicales le 2 mars, dont l'objectif est de "renforcer la police judiciaire".
Pour Thierry Clair, secrétaire général d'Unsa-Police, l'annonce d'effectifs supplémentaires n'est pas nouvelle : elle s'inscrit dans la continuité du "Plan Investigation". Mais, selon lui, "le malaise dans cette filière est tellement profond" que les changements vont "prendre du temps". "Il faut rendre l'investigation à nouveau attractive. Avant, c'était la filière reine. Aujourd'hui, il y a une désaffection : la grosse difficulté, c'est le recrutement", abonde auprès de franceinf