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Piratage du fisc : le parquet de Paris ouvre une enquête après une cyberattaque majeure
La section cyber du parquet de Paris a ouvert une enquête après la cyberattaque ayant touché près de 700 000 usagers de l’administration fiscale. L’intrusion, révélée par le ministère de l’Économie, a permis d’extraire les données des usagers, particuliers et entreprises confondus.
La cyberattaque remonte à fin juin. Un pirate a utilisé les identifiants dérobés d’un agent de la Direction générale des finances publiques (DGFiP) et d'un tiers autorisé pour entrer dans les systèmes d’information du fisc, puis en extraire des données avant qu’un contrôle de sécurité ne coupe l’accès. Le vol n’a été découvert que plusieurs semaines plus tard, quand un individu se faisant appeler ZeroBytes a revendiqué l’intrusion sur un forum spécialisé, le 12 août.
Les investigations, confiées à l’Office anticybercriminalité (Ofac), portent notamment sur « l'extraction frauduleuse de données contenues dans un système de traitement automatisé de données à caractère personnel mis en œuvre par l'État », rapporte notre confrère Le Monde Pixels. Elles englobent aussi la « participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un délit puni d'au moins cinq ans d'emprisonnement ».
Sur les 678 000 comptes concernés, 392 867 appartiennent à des particuliers et 285 570 à des professionnels, selon les premières estimations de la DGFiP. Pour les particuliers, les données dérobées sont le nom, la date de naissance, l’adresse, le quotient familial, le revenu fiscal de référence et le taux de prélèvement à la source, ainsi que des données cadastrales sur l’adresse et la surface des biens immobiliers.
Croisées, l'adresse et le revenu fiscal de référence d’un foyer peuvent aussi intéresser des réseaux organisés autour du cambriolage ciblé, selon Les Echos. Les données dérobées « ne permettent pas l'accès au compte sécurisé sur impots.gouv.fr », a précisé la directrice générale des finances publiques, Amélie Verdier. Pour les entreprises, en revanche, les informations recueillies sont moins sensibles : numéro de Siren, adresse de la société et de son mandataire.
ZeroBytes affirme avoir eu accès aux données de plusieurs dizaines de millions de contribuables. La DGFiP n’a pas confirmé ce chiffre : elle indique mener des investigations pour déterminer le périmètre exact de la fuite.
La DGFiP prévoit de contacter individuellement les usagers concernés, par e-mail ou courrier, en début de semaine prochaine, pour détailler les données potentiellement exposées et les précautions à prendre. Aucun outil de vérification en ligne n’existe : méfiez-vous d’un site ou d'un message qui vous proposerait d’entrer votre numéro fiscal pour tester une exposition : il s’agit très probablement d’une tentative de hameçonnage. L’administration ne demande jamais, par courriel ou SMS, de communiquer un mot de passe, des identifiants de connexion ou un numéro de carte bancaire ; en cas de doute sur un message reçu, mieux vaut se rendre directement sur impots.gouv.fr plutôt que de cliquer sur un lien, et vérifier sa messagerie sécurisée sur le site.
Une fois la notification reçue, mieux vaut changer le mot de passe du compte impots.gouv.fr s’il est réutilisé ailleurs, et surveiller les mouvements bancaires dans les mois suivants : les virements Sepa non autorisés peuvent être contestés jusqu’à treize mois après l’opération. La DGFiP a notifié la CNIL, comme l’exige la réglementation en cas de violation de données personnelles, et déposé une plainte.