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Dossier : Voiture électrique d'occasion : ce test très simple peut vous éviter une facture à 5 chiffres
Deux véhicules électriques d'occasion au même kilométrage peuvent avoir des batteries très différentes. Voici comment vérifier la vraie autonomie d'un VE avant de signer, en seulement quelques minutes.
© Pexels - Une voiture électrique en charge // Image d'illustration
Parallèlement à l'annonce gouvernementale récente concernant le coup de pouce pour l'achat d'un véhicule électrique d'occasion, une inquiétude revient sans cesse chez les acheteurs, celle de tomber sur une batterie fatiguée sans le savoir avant qu'il ne soit trop tard. Le kilométrage affiché ou l'âge du véhicule ne disent presque rien de son état réel, car deux Zoé de 2019 avec le même compteur peuvent avoir des batteries totalement différentes selon la façon dont elles ont été rechargées. La vraie donnée à traquer s'appelle le SoH, pour State of Health, et voici comment la lire concrètement avant de signer un chèque.
Le SoH mesure la capacité réelle de la batterie comparée à sa capacité d'origine, exprimée en pourcentage. Une batterie à 85 % de SoH ne peut donc stocker que 85 % de l'énergie qu'elle stockait à la sortie d'usine, ce qui se traduit directement par une perte d'autonomie proportionnelle. Il ne faut surtout pas le confondre avec le SoC, l'état de charge du moment, qui n'est rien d'autre que la jauge visible sur le tableau de bord et qui remonte à 100 % à chaque recharge complète.
Selon les données compilées par Geotab sur plusieurs dizaines de milliers de véhicules, la dégradation moyenne tourne aujourd'hui autour de 2 % par an, avec des écarts qui vont du simple au double selon les habitudes de recharge. Les véhicules rechargés régulièrement en courant continu rapide perdent nettement plus vite leur capacité que ceux chargés en courant alternatif à la maison, et la chaleur accélère encore le phénomène. Autrement dit, deux voitures identiques peuvent afficher des SoH très différents au bout de cinq ans, ce qui rend la vérification indispensable plutôt que facultative.
Première étape, la plus simple et la moins chère puisqu'elle ne coûte rien. Plusieurs constructeurs affichent le SoH ou une donnée équivalente directement dans leur application ou via un menu caché de l'ordinateur de bord. C'est le cas chez Tesla, Renault ou encore Nissan, où quelques manipulations suffisent à faire apparaître le pourcentage exact. Le vendeur peut normalement vous montrer cet écran sur place, et un refus ou une hésitation à ce moment-là mérite déjà d'éveiller les soupçons.
Cela dit, cette méthode reste limitée aux marques qui exposent réellement l'information, et certains constructeurs la cachent volontairement pour éviter que les acheteurs comparent trop facilement les véhicules entre eux.
Pour les modèles qui ne communiquent pas ce chiffre nativement, des applications comme Leaf Spy, CanZE ou EVNotify permettent de lire directement les données du système de gestion de la batterie via un petit boîtier OBD branché sur la prise diagnostic.
L'application affiche alors le SoH, le nombre de cycles de charge effectués et parfois même l'historique de température, ce qui donne une image beaucoup plus fine que le simple pourcentage d'autonomie affiché au tableau de bord.
Ces outils coûtent en général entre 20 et 50 euros et se branchent en quelques secondes, ce qui en fait une vérification à faire systématiquement avant un essai routier plutôt qu'un luxe réservé aux acheteurs les plus méfiants.