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Deux chiens ne font plus éternuer : pourquoi Alfie et Bailey pourraient changer la vie des allergiques
Prix et honneurs pleuvent depuis sa découverte avec l'américaine Jennifer Doudna, d'un outil « révolutionnaire » de modification des gènes. À 51 ans, Emmanuelle Charpentier décroche le prix Nobel de chimie, la récompense suprême à laquelle elle a du mal à croire.... Lire la suite
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Alfie et Bailey ressemblent à tous les autres beagles, à une différence près : leur organisme ne produit plus le principal allergène du chien. Une prouesse génétique qui pourrait ouvrir de nouvelles perspectives aux personnes allergiques, mais qui soulève encore de nombreuses questions.
Éternuements, yeux qui piquent, nez bouché, crise d'asthme : si vous êtes allergique aux chiens, quelques minutes à leurs côtés peuvent suffire à déclencher des symptômes. Contrairement à une idée répandue, les poils eux-mêmes ne sont pas responsables. La réaction vient de protéines présentes notamment dans la salive et les squames de l'animal.
Une étude publiée dans The CRISPR Journal explore une solution inédite. Plutôt que de calmer l'allergie chez l'humain avec des médicaments, des chercheurs ont tenté de supprimer directement chez le chien la principale protéine responsable.
Les chercheurs de la société américaine Kindred Companion Sciences ont ciblé Can f 1, l'un des principaux allergènes canins. Produite notamment au niveau de la langue, cette protéine se retrouve dans la salive, puis sur les poils et les petites particules de peau dispersées dans l'environnement.
À l'aide de Crispr-Cas9, l'équipe a effectué une très petite modification dans le gène qui commande sa fabrication. Aucun ADN provenant d'une autre espèce n'a été ajouté. L'intervention empêche simplement le chien de produire Can f 1.
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Les cellules modifiées ont ensuite servi à créer des embryons par transfert nucléaire, une méthode proche du clonage. Sur 25 embryons implantés dans une chienne porteuse, deux ont donné naissance à Alfie et Bailey, deux femelles beagles nées en septembre 2024.
Près de deux ans plus tard, les deux chiennes grandissent normalement. Les chercheurs n'ont trouvé aucune quantité détectable de Can f 1 dans leur salive, leurs poils ou leurs squames. Ils n'ont pas non plus trouvé de modification involontaire dans les 413 zones du génome considérées comme les plus à risque.