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Actualité : Insoupçonné : James Webb perce un secret niché dans les toutes premières galaxies de l'univers
Et si les toutes premières galaxies de l'univers pesaient bien plus lourd qu'on ne l'a jamais soupçonné ? En croisant James Webb et le Very Large Telescope, une équipe de l'Université de Leiden vient de débusquer, au cœur de neuf galaxies nées aux premiers âges du cosmos, une population d'étoiles restée invisible, jusqu'à quadrupler le poids réel de l'une d'entre elles selon l'étude publiée le 18 août 2026 dans Nature Astronomy.
© NASA, ESA, CSA, STScI - Le premier champ profond du télescope spatial James Webb, dévoilé en juillet 2022, révèle des milliers de galaxies, dont certaines comptent parmi les plus anciennes jamais photographiées par l'instrument. Image d'illustration.
Depuis des décennies, les astronomes jaugent la masse des galaxies lointaines à partir de leurs étoiles les plus brillantes, seules assez lumineuses pour franchir des milliards d'années-lumière jusqu'à nos instruments. Les petites étoiles, ténues et économes en énergie, échappaient presque systématiquement au regard des télescopes. Grâce à la sensibilité du spectrographe NIRSpec embarqué sur James Webb, combinée à des observations antérieures menées au VLT chilien, l'équipe néerlandaise a enfin réussi à isoler la signature discrète de ces astres nains, noyée dans l'éclat de leurs voisines massives.
Neuf galaxies massives et déjà éteintes observées par le télescope spatial James Webb. Leurs spectres ont révélé une population d'étoiles naines bien plus dense qu'attendu, jusqu'à quadrupler la masse estimée de l'une d'entre elles.
© Cheng et al., Université de Leiden / Nature Astronomy, 18 août 2026
Chloé Cheng, doctorante et première autrice de l'étude à l'Université de Leiden, résume la découverte avec une métaphore saisissante.
Si une galaxie était une ville, les étoiles les plus brillantes en seraient les gratte-ciel, visibles de loin au premier coup d'œil. Nos modèles montrent qu'une population bien plus vaste de petites étoiles se cache derrière eux, comme les maisons qui les entourent.
Cette prouesse technique, détaillée dans la publication de Nature Astronomy, reposait sur des spectres d'une finesse encore inaccessible il y a quelques années à peine. Il fallait à la fois un télescope capable de capter une lumière infime et des techniques d'analyse taillées sur mesure pour séparer la signature ténue des petites étoiles de la lumière dominante de leurs voisines.
Cette masse cachée dépasse largement l'enjeu comptable. Les petites étoiles hébergent fréquemment des exoplanètes en orbite serrée. Mariska Kriek, professeure d'astronomie extragalactique à Leiden et responsable de l'étude, en tire une hypothèse vertigineuse.
Une masse bien plus importante qu'on ne le pensait se dissimule dans ces petites étoiles. Si l'univers primitif en comptait tant, il a peut-être aussi hébergé beaucoup plus de mondes qu'on ne l'imaginait.